BASS INTERVIEW – MURDOCK : « La passion m’anime »

Durant l’édition estivale de Rampage, nous avons eu l’immense honneur d’interviewer son fondateur : le producteur belge Murdock ! Ce dernier nous a accordé quelques minutes, juste avant d’embraser le premier soir de l’Open Air. Aperçu des coulisses : 

BassMusicChronicles : Nous pouvons clairement voir l’évolution entre la toute première édition de l’Open Air, la Free Party et celle qui se tient actuellement. Comment toi et ton équipe avez-vous géré son développement depuis la première édition, surtout en pleine crise sanitaire ? 

Murdock : « C’est juste une décision que l’on a prise à la toute fin du confinement : “Nous allons revenir et faire les choses en grand, bien plus grand, alors pourquoi pas essayer et tenter le plus gros projet à notre portée.” Cela veut dire que l’on doit appeler pas mal de personnes, et lorsqu’on a vu que c’était possible, on a lancé l’affaire. J’ai créé Rampage avec Kristof Darcon il y a 13 ans. C’est mon partenaire depuis le début et c’est celui qui s’occupe de la production. Il a 25 ans à son actif dans la prod d’événement, a un bon réseau et est conscient de ce qu’on a besoin pour mener à bien ce type de projet : trouver les meilleures tentes, les bars, le bon staff, les scènes… »

BMC : Donc maintenant, est-ce que tu dirais que vous voulez naturellement concurrencer des plus gros festivals, qui réunissent plusieurs genres musicaux ?

M : « Absolument. Les gens adorent la Drum and Bass et le Dubstep. Il y a un public important rattaché à ces genres musicaux et j’estime qu’il mérite des festivals de cette qualité et envergure. À Rampage, tu te balades, et tu peux vite constater que tout le monde est au même niveau, aime les mêmes choses. C’est tellement convivial et différent des autres festivals où plusieurs publics se rassemblent. C’est assez marrant, car on demeure les seuls à faire ça, je suis assez étonné que personne n’y ait pensé avant. »

BMC : Quelle est l’idée derrière la création de cette scène 100% féminine (et Techno) ? As-tu voulu mettre en place une perspective plus inclusive ? C’est quoi l’histoire derrière tout ça ?

M : « Il n’y a pas beaucoup de DJs féminines dans le milieu de la Drum and Bass et du Dubstep. En Belgique, nous avons évidemment les déesses de la Techno, à savoir Amélie Lens et Charlotte de Witte, et sur la scène internationale, nous avons aussi Nina Kraviz (Russie) et Peggy Gou (Corée)… Du coup, les amatrices de Techno ont ces exemples qui se produisent sur les meilleures scènes et sur les plus grosses plateformes; c’est inspirant. Si tu vois ça à 16-17 ans, tu te dis « hey, peut-être que je peux faire ça moi aussi. » J’ai essayé de booker plusieurs DJs féminines mais il n’y en a pas beaucoup, ou elles n’étaient pas disponibles, mais j’ai pu en avoir une douzaine dans le milieu de la Techno. Je me suis dit que si on pouvait booker de ce côté là, les femmes qui participent au festival allaient être inspirées et fières de voir des femmes assurer une scène pendant 3 jours d’affilée. »

BMC : Cette décision pouvait paraître assez risquée, car les festivaliers viennent surtout pour écouter de la Bass Music, avez-vous anticipé une éventuelle déception de leur part ?

M : « Il y a certaines personnes qui sont venues me demander, justement : “Pourquoi tu as mis une scène Techno ?”, et je leur ai simplement dit “C’est comme ça, si c’est pas votre truc, il y a toujours d’autres scènes !” Mais en attendant, on a décidé de sonder le public via une story Instagram, en leur demandant de choisir entre Reggae, Dancehall, Hip Hop et Techno, c’est cette dernière qui a été la plus populaire. »

BMC : On peut vraiment sentir que votre organisation tient réellement à être proche du public et s’améliore en efficacité… 

M : « Je pense qu’en effet on a une longueur d’avance à ce sujet, on prend soin de notre public. À Rampage, tu ne feras jamais longtemps la queue pour le bar ou bien pour acheter un ticket. On s’assure qu’il y ait suffisamment de staff, et suffisamment de place pour tout le monde. C’est quelque chose que l’on voit rarement sur beaucoup d’autres festivals, car leurs organisateurs veulent réduire leurs coûts d’investissement pour économiser ce qu’ils peuvent. C’est quand même très important pour nous, car on pense à l’expérience globale que le public pourrait et doit vivre. »

BMC : Nous sommes habitués à voir des MCs performer sur scène depuis longtemps. Mais lors de la dernière Rampage à Anvers, nous avons pu voir Joost (rappeur Belge) et cette fois-ci, 19825 (Rare Akuma), rappeur de la scène underground belge) va se produire sur une nouvelle scène de l’Open Air. Est-ce un clin d’œil à la scène Rap underground ?

M : « Concernant Rare Akuma, il a tout simplement mis un de ses sons sur Instagram avec la légende : « Que tout le monde tag Murdock car je veux l’entendre à Rampage ». J’ai eu plus de 200 notifications (rires). J’ai donc vu son post, et je lui ai écrit pour faire en sorte que ça se fasse. On est restés en contact depuis, et c’est aussi grâce à ça qu’il s’est mis à écouter du Dubstep. On peut dire que je l’ai un peu introduit au projet Rampage, avec son alias. Lui et Joost ont grandi en Belgique, et naturellement avec une grosse influence Drum and Bass, ce qui représente une bonne partie de notre public qui les connaît aussi. »

BMC : Dirais-tu que tu es fier aujourd’hui ?

M : « Les gens me disent tout le temps : “Tu dois être vraiment fier”, mais c’est plus de la satisfaction. Quand tu y mets tellement du tien, que ton travail porte ses fruits, que tout fonctionne et que tout le monde est heureux derrière. Bien sûr, je suis fier, mais surtout satisfait. »

BMC : Sur tes propres projets, comment trouves-tu le temps de produire, te produire ET d’organiser de tels événements ? T’arrives-t-il de dormir parfois ?

M : « Le sommeil, pas vraiment (rires)… Je fais une chose à la fois. Je n’ai pas pu produire pendant 3 mois car on était occupés à organiser Rampage. Normalement, on établit des plans 6 mois à l’avance pour l’organisation mais cette fois-ci on a commencé seulement 4 mois avant. Quand ça sera derrière moi, je retournerai au studio. J’ai déjà un album prêt à sortir. 15 morceaux à venir, tous terminés. C’est la passion qui me fait tenir, c’est la seule chose qui compte. C’est juste que je rassemble tout, petit à petit. « 


Après ces quelques questions, Murdock file donc performer sur le festival qu’il a lui-même bâti. On le remercie chaleureusement ainsi que toute l’équipe qui nous a permis de le rencontrer. Vous pouvez désormais écouter ses nouveaux morceaux “Trouble”, et « Make It » pour célébrer Rampage une bonne fois pour toute !

Crédits : Rampage Open Air, Marine Rolland (co-rédaction), Murdock

BASS IS LIFE, BASS FOR LIFE

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