Apashe : la renaissance de sa Majesté

Renaissance, voici le nom du dernier album d’Apashe. Comment classifier le joli méli-mélo du producteur belge ? Entre une base Electro Bass, mêlée à de la musique Classique – récurrente dans ses tracks -, du Rap Américain, de la Pop, et même du Hip-Hop, on ne saurait définir l’oeuvre d’Apashe autrement que par le mot «chef-d’oeuvre». Que l’on aime ou que l’on n’aime pas, on est obligés de s’accorder sur l’énorme travail de production derrière cet opus.  

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Renaissance : 13 titres – 43 minutes

Son album Requiem EP, où l’on voyait la puissance de sa Majesté, s’inspirait déjà énormément de l’héritage classique. Pour ce nouveau projet de Renaissance, John De Buck – de son vrai nom – a été chercher plus loin : il lui fallait une prise orchestrale originale pour faire évoluer toujours un peu plus sa Bass vers ce côté majestueux qu’il insufflait déjà auparavant.
Pour cela, il a fait appel à l’Orchestre symphonique de Prague afin de créer des mélodies originales pour chacun de ses tracks (à l’exception de Uebok Gotta Run et Good News, qui se voient respectivement agrémentés d’extraits d’une symphonie de Tchaïkovski et de la Sonate au Clair de lune de Beethoven). Un travail faramineux qui donne un résultat complet et varié.

«La musique classique est si pure, et l’électronique si cru, que j’ai toujours aimé les faire fusionner ensemble […] Pour cet album, j’ai essayé de faire ce qui avait, à peine, été fait avant sur le scène électro : composer avec un orchestre symphonique, en extraire son sensationnel et sa délicatesse, pour fondre tout cela avec quelque chose de gros et violent.» (Apashe pour Magnetic Mag)

Il faut se le dire : c’est un pari risqué pour certains que de fusionner plusieurs styles de musique en même temps. Soit ça passe, soit ça casse ; dans le cas d’Apashe, on trouve que ça surpasse !
Nous allons donc nous attarder sur quelques uns de ces tracks qui nous ont beaucoup plu ou intrigués.

On débute avec «Behind My Eyes»  sur un air de douceur avec le vocal féminin tendre, qui semble nous envelopper dans du coton… Le drop qui suit reste gentil, mais prenant, on apprécie être comme baladé par Apashe. Il s’amuse beaucoup à alterner avec les voix stéréo et mono, ce qui donne cet effet d’étouffement et joue à faire monter la tension pour la relâcher plus tard. Un peu moins dynamique, on retrouve ce même effet de balade dans «I’m fine» (ft Cherry Lena).

«Good News» arrive avec un kick noyé dans la reverb d’un vocal sombre et distordu, suivi d’un arpège de piano. Les voix en chœurs se retrouvent elles aussi en reverb profonde, avec une voix plus claire : «I RISE ABOVE YOU».
On sent la souveraineté qui reprend le dessus avant de faire place au drop. Ce dernier a une rythmique particulière intrigue et tranquille. Le break revient sur un piano classique. Les chorus sont extrêmement bien maniés, l’impression de domination se maintient. Puis le piano de la Sonate au Clair de lune de Beethoven vient clore le track. Une petite merveille.

L’un de nos coups de cœur de l’album, c’est «Lord & Master». L’ouverture composée d’instruments à vent et bois est grandiose, avant l’entrée en scène d’un violon vibrant.  Montée orchestrale avec, encore et toujours, cette magnifique chorale. Puis le build-up laisse la place au vocal : «Your money didn’t make me happy». On pourrait presque y voir une petite protestation anti-capitaliste…

Soudainement, ils nous fait fermer les yeux… 1 nictation. 2 nictations. 3 nictations. Vibration. Explosion. C’est du Dubstep gras et saccadé à l’ancienne qui sévit. Le violon revient pour le break avant de faire place à un deuxième drop saturé qui nous satisfait.

C’est au tour de «Uebok (Gotta Run)» de piquer notre attention. Un peu particulier, car avec «Overture» – l’intro de l’album – il est le seul track à ne pas dépasser les 3 minutes de son. Il s’ouvre sur un instrument à vent suivi des cuivres qui donnent une impression de suprématie.
On retrouve bien l’inspiration Trap d’Apashe lors de la construction du drop (qui dure plus de la moitié du track). Avec les bass qui surgissent des vocaux des pays de l’Est (qui font presque penser à Ic3speak, d’origine russe). Puis le drop surgit : Russian Hardbass. C’est posé. Bien qu’on ait été surpris par ce choix, on se prend à presque tomber amoureux après quelques écoutes. Vivacité, dynamisme, on est obligé de bouger !

«Green Crack», en feat avec Wifisfuneral s’ouvre sur un vocal des plus gras jusqu’au build-up à l’influence Riddim. Le sub est très marqué dans ce track ce qui donne l’effet sombre et rebondissant des drops. Pour le deuxième build-up intervient le couplet de Wifisfuneral avant de retrouver la superbe chorale en latin. Drop, la bass arrive avec un effet «wobbly» avant de retomber sur du Dubstep bien gras.

On se sent obligés de parler de «Rain» (ft Kroy), pour son atypisme étonnant.  Le dernier track de l’album est aussi une surprise sachant que presque la moitié est réservée à un vocal féminin assez léger et doux avant d’aboutir sur un drop au tempo assez lent, et à la rythmique singulière.
Des voix chantantes d’enfants sont aussi à relever, ce qui rappelle un peu Pumped Up Kicks. Ce n’est pas trop notre tasse de thé, mais il faut de tout pour faire un monde !

On aura également apprécié ses collaborations avec Tech9 (Insane), VoWilliams (Work) et Slumberjack pour «Legend». Les rappeurs savent mettre une certaine ambiance dans chaque son, tandis qu’Apashe renoue sur la Trap et le Hip-Hop dans ces tracks.

Cet album semble raconter une histoire, avec un univers bien singulier. Malgré la diversité des genres, la cohérence se maintient. Le travail d’Apashe, entre héritage culturel et innovation, est le parfait mélange entre le classicisme musical et la modernité fantaisiste. Pour Renaissance, nous signons un gros OUI. 

BASS IS LIFE, BASS FOR LIFE

 

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