Bass Interview #51 : Black Sun Empire (Fr)

Il y a un mois nous étions à Toulouse pour la Blackout annuelle de Regarts au Bikini. Nous avons eu la chance de rencontrer une nouvelle fois les patrons du label, Black Sun Empire, représentés cette fois-ci par Rene Verdult ! 

 

De retour à Toulouse, comment te sens-tu avant votre set ? 

Je suis super excité ! Je ne savais pas que c’était sold out, je l’ai découvert en arrivant, donc je suis content. Tout le monde est là et prêt à en découdre. J’espère que ça va être sauvage !

Vous organisez des soirées Blackout tous les ans à Toulouse et dans d’autres villes d’Europe. Que voulez-vous apporter avec ces soirées ? 

Blackout a démarré dans notre ville d’origine, Utrech aux Pays-Bas car on sentait que notre son n’était pas représenté. Bien sûr il y avait de la DnB, mais c’était beaucoup de Jump Up, ce qui est cool, mais pour nous notre son est plus dark et il n’y avait pas de soirées de ce type.

Et c’est toujours cette même idée aujourd’hui, essayer de représenter notre style, les musiques qu’on sort avec le label, et notre enthousiasme mais pas seulement avec des bangers. Il doit y avoir aussi un peu de techno, un peu de mélodies, des choses différentes… C’est notre truc, rester entre des choses très violentes et des sons plus doux et apporter ça aux gens ! C’est simple mais c’est notre philosophie.

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En parlant de ça, en tant que leaders de Blackout – l’un des plus gros label DnB – comment le gérez-vous au quotidien, découvrir des nouveaux talents, etc… ?

D’abord nous avons les artistes Blackout. Donc nous parlons avec eux de ce qu’ils veulent faire, de ce qu’ils sont prêts à faire. Ensuite on a une tonne de musiques qui arrive tous les jours et c’est difficile d’en choisir car quelqu’un peut faire un bon track aujourd’hui mais on veut des artistes qui ont le potentiel de faire plus.

Beaucoup de personnes peuvent faire un bon son Neurofunk, je veux dire c’est déjà assez dur quand même, mais certains ne peuvent faire que ça et nous cherchons des gens qui comprennent qu’il faut varier un peu. C’est compliqué, dans une soirée qui passe 4h de DnB, de reconnaître un son parmi tant d’autres donc tu as besoin de cette petite chose qui la rendra unique. Peut être un vocal, une mélodie, quelque chose de différents des 10 sons qui viennent de passer. C’est ce que nous cherchons et c’est très compliqué.

C’est vraiment ça l’activité principale du label. Après il y a bien sur les trucs de tout les jours, comme mettre en ligne ton actu, etc… Mais c’est moins intéressant à savoir.

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Vous avez remixé Phase, il y a aussi eu une collab avec Prolix sur son album, peut-on s’attendre à un gros projet Black Sun Empire cette année ?

Je ne dirai jamais que quelque chose qu’on peut sortir sera énorme mais on travaille toujours sur de nouvelles choses. Après c’est difficile car on a déjà fait tellement. Notre 1ère release date de 1999, et depuis on a fait différents type de Drum, un peu de dubstep, etc… Donc on a toujours besoin de prendre notre temps pour savoir ce que l’on veut faire pour un nouvel album, EP ou autre.

En plus, en ce moment, Micha a un projet techno à côté. Donc il faut aussi trouver le temps de travailler tous ensemble. On a déjà quelque trucs mais pas prêt à sortir encore. On ne veut pas faire de promesses pour une éventuelle date donc on prend notre temps. Dans le même temps on travaille beaucoup sur un album qui va arriver, avec beaucoup d’artistes, qui s’appelle «Lifecycle» mais ce n’est pas un projet BSE, c’est pour tout le label.

Donc je pense que pour nous il n’y aura rien de « gros » avant l’année prochaine. Surtout qu’on va emménager dans notre nouveau studio que nous avons construit et ça sera la 1ere fois qu’un studio nous appartient, donc il faudra s’habituer à ce nouvel environnement… On ne veut pas se presser.

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Comme on l’a dit, vous êtes sur scène depuis un moment, comment trouves-tu l’évolution du genre DnB au fil des années ?

Si je réécoute des choses de l’époque, c’est toujours aussi bon. C’est l’une de mes musiques préférées et quand j’écoute de la Drum, c’est souvent de la vieille génération. J’en ai tellement de bons souvenirs.

Ça a changé radicalement en 20 ans, c’est presque plus la même musique. Je pense que beaucoup de personnes produisent différents types de musiques car c’est devenu très simple d’avoir un ordi, un pack de samples, serum, etc. C’est moins compliqué de créer quelque chose qui passe bien.

A l’époque, on trouvait d’avantage de Jungle, le tempo n’était pas le même, etc. Et peut être qu’on pourrait faire quelque chose de similaire. Je ne sais pas si ça fonctionnerait, mais qui sait! Voyons ce qui va arriver.

D’ailleurs Micha a mixé l’année dernière à Lost Land, on sait que la DnB n’est pas très populaire là bas, c’était un défi d’y jouer ?

Ce n’est pas une mauvaise chose mais c’est différent. Les Etats-Unis sont beaucoup plus Dubstep. Je pense que le tempo de la Drum, son énergie n’a jamais vraiment prise. Mais il y a quand même beaucoup de personne qui aiment la Drum, mais l’Amérique est un gros pays ! (rires) Ils sont très loin les uns des autres et ils sont en sous nombre quand ils se réunissent en festivals où les fans de Dubstep sont majoritaires.

Donc c’est un peu différents de nos shows habituels où les gens viennent pour écouter de la DnB. Ça n’arrive pas souvent aux Etats-Unis, donc oui c’était un peu un challenge.

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Par exemple, ce mois ci, Sub Focus, Culture Shock, Dimension et 1991 font une tournée WORSHIP là bas pour essayer d’apporter un peu la culture DnB, donc ça deviendra peut être populaire un jour…

Oui c’est sûr ! C’est pour ça que je disais qu’il y avait quand même des gens qui aimaient ça mais il faut juste réussir à les réunir ensemble, à ramener plus de monde et là il y aura une bonne scène. Aujourd’hui ça reste difficile mais ça peur changer.

Quelques petites questions pour finir, pourquoi on ne vous voit jamais à trois sur scène ?

C’est simple, parce qu’on ne nous book jamais ensemble ! (rires) Je suis sûr qu’on le ferait si les gens avaient l’idée de nous book à trois. Parfois, de gros festivals nous prennent à deux pour que ce soit spécial. Nous n’avons jamais joué à trois, même à nos propres soirées, c’est toujours à un ou deux. Et pour être honnête, quand tu joues à trois, tu finis juste par attendre ton tour (rires). Je préfère jouer seul ou à deux, mais trois je ne pense pas. Mais si on nous book à trois on le fera !

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As-tu un, ou des souvenirs, de scène que tu voudrais partager avec nous ?

Il y en a quelques uns que je ne peux pas dire à cause des personnes impliquées… (rires) Mais j’en ai un, c’était il y a un moment, une fille qui a fait une sorte de plongeon dans la foule, et ça ne s’est pas passé comme prévu et elle s’est rétamée au sol. On l’a vu tomber et aller directement voir les secours et on l’a vu directement revenir ensuite sur les épaules d’un ami comme si de rien n’était ! (rires)

Et aussi quelques abus d’alcools et des gens un peu saouls… Tu essaies de ne pas trop abuser pour toi car tu as un travail à faire. Donc on essaie de garder le contrôle, mais bon parfois, il y a des choses qui arrivent… (rires)

2020 : début d’une nouvelle décennie, quel artistes devrait-on suivre ?

Un producteur qui est là depuis quelques temps déjà : Redpill. On parlait de ses projets juste avant d’ailleurs. C’est un musicien qui peut faire beaucoup de choses différentes. Il doit juste réussir à concentrer ça dans un gros projet et on travaille avec lui pour l’aider à le réaliser.

Il y a aussi beaucoup d’hollandais qui font de très bonnes choses en ce moment, il y a aussi des Russes qui arrivent qui font des choses dingues. Ou Emperor, Mefjus, etc… Je sais que ce sont déjà des artistes reconnus, mais j’attend toujours d’eux de nouvelles choses.

En ce moment la scène est en bonne santé, beaucoup de personnes veulent faire ce genre de musiques et c’est toujours une bonne chose.

Enfin pour finir, un dernier mot pour tes fans français ?

Continuez comme ça ! Vous êtes géniaux et on aimerait revenir plus souvent dans plusieurs villes en France. Big up the Frenchies !

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Merci encore à Rene Verdult des Black Sun Empire d’avoir répondu à nos questions, et à Regarts de nous avoir permis de réaliser cette interview.

Crédits photos : Blackout, Let It Roll, Jack West

 

BASS IS LIFE, BASS FOR LIFE

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