Bass Interview #49 : Zomboy (Fr)

Nous avons eu la chance de rencontrer le seul et l’unique Zomboy à la dernière Ambassad, voici notre Bass Interview #49 !

Ce soir tu as fait ton retour en France pour Ambassad ! Malgré les galères de transports à cause des grèves, qu’est-ce que ça te fait d’être revenu à Paris ?

Oh mon dieu, c’est incroyable. À chaque fois j’oublie à quel point ! Ça fait un moment que je ne suis pas venu ici, ça remonte à 2017 il me semble… Je me souvenais bien sûr que c’était génial, mais à force de faire des tournées, de jouer tant de sets, devant tant de publics différents, tu oublies lesquels sont les plus chauds ! Donc quand j’ai joué le premier track ce soir, j’étais en mode «Oh yeah, we’re definitely in Paris baby».

C’était vraiment fou. L’énergie était juste dingue, c’était bon d’être de retour ! 

Tu es venu dans le cadre de la tournée de NSD, le label fêtant ses 10 ans cette année. Qu’est ce que cela t’inspire ?

C’est fou de voir ce que c’est devenu, on revient de loin ! Ça doit faire maintenant 8 ans que je fais partie de NSD, je crois que j’ai commencé en 2011. Je n’ai pas été là depuis le début, mais presque. C’est juste incroyable à voir parce que, sans se mentir, le Dubstep est passé par des moments compliqués, et beaucoup de personnes ont fui et abandonné le navire, mais nous, les enfants de NSD, on s’est accroché et regardez maintenant : c’est énorme, partout où tu vas dans le monde : il y a du Dubstep. Partout !

Cela fait donc maintenant 10 ans depuis la naissance de NSD, ce qui veut dire presque autant d’années que SKisM t’a découvert. Quel est ton meilleur souvenir avec lui ?

On a beaucoup parlé de ça ensemble ! La première fois qu’il m’a envoyé un message (vous pouvez trouver cette histoire n’importe où sur le web), je ne voulais pas faire ça ! Moi à la base, j’étais juste dans l’optique «ah ok, je le fais pour la blague», juste pour choquer un peu mes potes, j’étais vraiment en mode «allez merde, j’vais juste essayer…», donc j’ai mis quelques idées en ligne sur Facebook, et c’est là que Tommy (SKisM) m’a trouvé.

Il m’a envoyé un message disant : «Yo, j’adore ce que tu fais, donne moi ton mail que l’on puisse parler». Encore une fois, j’étais en mode «what the fuck… qu’est-ce qui est en train de se passer là ! Mais tu sais quoi ? Fuck it». Donc on a commencé à parler. C’était à Londres car j’étais là bas pour mes études, et il devait jouer un show là où je suis né, dans les Cornouailles, une petite zone d’Angleterre. Et j’avais prévu d’y retourner pour voir ma famille, et en même temps assister à ce show… Et il était en mode «hey tu veux qu’on se voit ?» J’ai répondu «oui bien sûr». Il a toujours l’historique de notre conversation (rires) où j’étais absolument ébahi par lui qui me racontait «ouais je dois jouer en Suisse ce soir, et Angleterre demain». J’étais juste ce «moi» innocent qui se disait «oh mon dieu, c’est totalement fou» (rires) Et maintenant je joue 3 shows en un seul jour, mais le simple fait de me souvenir de ma période innocente où j’étais stupéfait par absolument tout, c’est mon souvenir préféré.

Tu as toujours été un enfant de NSD, n’est-ce pas ?

Yep, et je ne le quitterai jamais ! NSD est mon foyer. Je suis né NSD et je mourrai NSD. (rires)

Depuis que l’on te connaît – quand tu as explosé en 2014 lorsque ton album «The Outbreak» est sorti – tes sons ont beaucoup évolué. Comment en es-tu venu à ce but ? 

Honnêtement, j’étais si nouveau à l’époque ! Je n’avais jamais fait de musique électronique avant donc j’étais totalement novice et je ne savais pas ce que je faisais. J’étais, et suis toujours un metalhead, et j’aime ma propre musique. Donc le style de musique que je produisais était un peu trop influencé par cette préférence. Alors, quand j’ai commencé à écrire les sons, Tommy était en mode : «ouais c’est super cool mais je ne pense pas que tu puisses vraiment danser la dessus sur le dancefloor.» Donc je changeais les signatures rythmiques et je faisais tout ces trucs vraiment techniques mais lui, il me disait «ouais non personne ne peut danser la dessus.» (rires)

J’ai beaucoup appris depuis, parce qu’avant, comme je le disais, j’étais débutant et très concentré sur l’idée du «c’est mon travail, c’est mon travail».

À tes yeux, est-ce que «être en perpétuel changement» est important pour être un artiste ? 

Changer oui… Je suis en constant changement car je déteste être coincé, je pense que cela devient juste lassant. C’est sympa d’avoir un son pour quelques mois, quelques releases, mais tu dois avancer ! Je n’aime pas être stagnant. Il y a une signature pour chaque style de tracks, mais ce n’est pas vraiment un son spécifique. Je crois au changement perpétuel, pour garder les choses intéressantes.

Depuis quelques années, on peut dire que tu lâches moins de releases, peut-être un EP par an, puis un remix de celui-ci… Peut-on s’attendre à plus de singles ou peut-être un album ? 

Je suis en tournée… (rires) Je me concentre moins sur les grosses sorties de sons parce qu’avec le climat actuel de l’industrie musicale, les gens ont tendance à ne pas autant prêter attention à un EP ou un album.

On aimerait que tu sortes un nouvel album pourtant !

Je préfère l’idée de juste sortir des singles. J’ai l’impression que tu peux vite te retrouver à la masse si tu te concentres sur des grosses sorties, alors que si tu écris juste des singles, un à la fois, tu peux être plus frais dans ton taff et continuer d’intéresser les gens. Ecrire un album ou un EP peut vraiment ruiner ton état d’esprit, parce que tu essaies d’avoir cette collection de musique, et en tant que producteur, ça peut te détruire.

79900221_1000497973640821_1200068125119217664_o

C’était le cas pour «The Outbreak»

Non, c’était bien plus simple car il y avait beaucoup moins de musique à l’époque (rires). Evidemment maintenant, on est dans une période où tout le monde produit de la musique, c’est bien plus facile pour les gens de mettre de la musique en ligne. Et tout le monde fait des trucs géniaux, donc faire un nouvel album entier avec des sons au moins aussi bien ou meilleurs que ça, c’est beaucoup de pression, et pas mal de gens restent loin de ça. C’est juste pour le moment, ça ne sera pas toujours comme ça dans le futur.

Maintenant, c’est juste le moment de garder les choses simples, dans une industrie tendue, pour jouer la sûreté.

En parlant de ça, tu es l’un des plus gros contributeurs du label et de la scène Dubstep mondiale. Que penses-tu de tous ces nouveaux artistes fraîchement découverts ? Par exemple, rien que sur NSD, il y a énormément de nouvelles pépites. Que penses-tu de cette nouvelle génération ?

C’est juste merveilleux, ça nous tient inspirés et à l’affût. Tous ces jeunes, qui arrivent avec leurs bombes et toi tu te dis «Et merde, c’est encore un nouveau gosse!» Ça nous motive et nous pousse au challenge, mais je trouve que c’est génial.

Peut-être que ça vous met une sorte de petite pression aussi …

Oui tout à fait ! Un peu comme une étincelle au cul qui ferait «PFFFIIIOUUU!!» (rires) Plus sérieusement, je trouve ça bien de voir de nouvelles têtes qui viennent d’environnements divers, avec des idées fraîches, avec des inspirations et des univers complètement différents… On avance avec tout ça, c’est super.

79453613_1000499013640717_2274099679023071232_o

Qu’est-ce que ça fait de savoir que, pour certains, tu es leur inspiration ?

C’est incroyable, ça l’est toujours parce que je me dis tout le temps «Comment est-ce possible ? Ce n’est que moi, un type originaire de nulle part en Angleterre.» J’essaye de survivre comme ça dans cet univers impitoyable donc je pense que si l’on veut me considérer comme une légende, alors je prends. (rires)

Et selon toi, sur quel artiste devrait-on se concentrer en 2020 ?

Honnêtement, je suis pas celui à qui il faut demander ça. C’est très difficile pour moi de rester à l’affût de toutes les nouveautés quand je suis en tournée, je me fie donc à Tommy (SkisM), puisque c’est un peu le chef d’orchestre de NSD, qui dit «Tu devrais jouer ça» etc. C’est triste mais super à la fois car j’ai juste à m’asseoir et à écouter des tonnes de nouvelles pépites, mais quand tu voyages tout le temps et que tu es fatigué, que la seule chose à laquelle tu penses c’est manger quelque chose voire dormir un peu c’est vrai que tu n’as plus autant de temps pour creuser tout ça.

79171059_1000499600307325_3422329889636745216_o

D’ailleurs, on vit aujourd’hui dans une ère où les réseaux sociaux sont très importants, où tout le monde te suit et te connaît. Tu restes néanmoins quelqu’un de très simple et vrai, restant discret sur les réseaux et tu arrives à faire la part des choses et à conserver ta vie privée. Comment fais-tu ?

J’ai été très chanceux et c’est quelque chose dont on parle tout le temps entre nous, ils disent qu’on «devrait être plus présents sur les réseaux» et je leur réponds que je n’ai pas envie. Tout simplement parce que – appelez moi «vieux jeu» –  je crois encore à ce mythe un peu magique du «ne pas être pas trop accessible.» Ça fait très spirituel mais j’aime garder ce côté «difficile à approcher, à toucher». J’y crois réellement; faire la part des choses nous rend un peu mystérieux.

Il suffit de regarder les groupes des années 80 et 90, tu ne pouvais pas prendre ton téléphone et leur parler, c’était impensable ! Et pourtant ça ne change en rien leur influence aujourd’hui encore. Il y a une part de santé mentale aussi à préserver, loin des critiques qui peuvent beaucoup pleuvoir sur les réseaux.

80772909_610925799448736_8417692238628257792_n

C’est un problème qui touche beaucoup d’artistes, comme Getter par exemple…

Exactement et c’est terrifiant qu’en plus cela arrive à des millions de gens, les commentaires sont pris personnellement, ce qui peut les détruire. Je tiens à rester en dehors de tout ça. J’ai juste envie d’être heureux, de vivre ma vie, faire ce qu’il me plaît et faire en sorte que tout le monde en profite; c’est comme ça que je fonctionne. Et tant mieux car ça marche !

À force d’être tout le temps en tournée, tu dois avoir vu un tas de scènes différentes…Peux-tu nous confier ton meilleur souvenir ? Ou peut-être le meilleur de cette année ?

J’ai joué dans un superbe endroit, pendant ma tournée en Asie. J’y joue beaucoup d’ailleurs, c’est énorme là-bas, ça me fait halluciner, surtout en Chine où c’est absolument fou ce qu’il se passe. Un de mes VJ a réalisé la scène où je jouais dans un festival en Corée du Sud, «5tardium», où il y a 5 énormes scènes encerclant littéralement le public au milieu. Une scène est allumée, et c’est tout le public qui se retourne vers elle. Une autre qui s’éclaire, et le public suit. C’est impressionnant et beaucoup d’argent mais c’est génial.

59896448_2321577587906224_3406484376597299200_n

On avait pas cette pression de tout préparer en 2 minutes juste après le passage d’un autre artiste, je pense que rien que pour ça, c’était l’un de mes meilleurs souvenirs, de plus c’était un show assez incroyable.
Les scènes de Jeff (Excision) sont évidemment incroyables, comme ses productions d’ailleurs.

J’ai aussi fait un show l’an dernier, au début de ma tournée à Seattle. C’était directement complet, dans un espèce de dôme. On a énormément investi dans les visuels, les engins pyrotechniques… C’est là-bas que j’ai fait la connaissance d’un engin qui s’appelle le «Concussion mind», on utilise ça pour déclencher des avalanches pour vous dire. C’est comme un énorme son, un gros «BOOOOOOM».

Tu te souviens quand tu t’es brûlé au Bass Canyon ?

Oui. Elle était facile celle-là (rires). Il faisait trop chaud je n’en pouvais plus. D’ailleurs, pour en revenir aux «Concussion minds», tu dois les enclencher en même temps que le feu d’artifice parce que si tu les actives sans rien d’autre avec, on pense rapidement à des coups de feu… Genre c’est 10 fois plus fort que le son lui-même. C’était flippant, la première fois que je les ai entendu j’ai hurlé «Aaaaah mais qu’est-ce que c’est ?!» (rires)

44563099_1907722726190579_4598541485766344704_o

Une dernière question que l’on aime poser à chaque artiste, vu que tu es de retour en France et que ton dernier show ici était à Mont d’or pour I Love Techno, as-tu quelques mots pour tes fans français ?

Qu’est-ce que je vous aime ! À chaque fois que je viens, quel que soit l’endroit en France, c’est toujours une pure expérience, mémorable. L’énergie d’ici est pile celle que j’affectionne, que j’attends. Quand je saute sur scène, c’est toujours plus facile quand le public le fait aussi. Quand on reste planté là, je me sens presque gêné de sauter partout, mais ici c’est toujours un plaisir d’avoir ce genre d’interaction avec le public à chaque fois, je vous adore les gars !

78062980_998598407164111_5215903245989314560_o

Nous tenons à remercier Zomboy, pour avoir répondu à nos questions et 193 Records pour avoir permis cette interview ! 

Crédits Photos : Designatic, Zomboy, 5tardium, Rukes, Wozniak

BASS IS LIFE, BASS FOR LIFE

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s