Bass Interview #48 : Soltan (Fr)

Il y a bientôt trois semaines, nous étions allés assister à la nouvelle édition de la Hallow. Nous avons alors eu l’occasion de s’entretenir à nouveau avec le mystérieux Soltan pour une nouvelle Bass Interview !

C’est ta première fois ce soir à Toulouse, comment te sens-tu ? Tu as vu la salle, le public ?

Je n’ai pas encore vu la salle mais je suis très excité, pas seulement parce que je joue à Toulouse mais aussi parce que je reviens en France car c’est le pays où tout a commencé pour moi. La première fois que je suis sorti de l’Iran, la première fois que je jouais en tant que Soltan. Que ce soit pour Toulouse ou la France, il y a une place dans mon cœur. Donc oui je suis vraiment content de revenir jouer chez vous.

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On t’avais déjà interviewé il y a un an et demi, qu’est ce qui a changé pour toi depuis ? Dans ta vie, dans ta musique etc… Tu habites au Canada maintenant, as-tu connu d’autres changements ?

À l’époque j’étais tout le temps dans ma chambre, fermé du monde extérieur, alors j’ai travaillé sur moi-même pour sortir de ma zone de confort.
Une chose qui a changé qui est très marquante, c’est que j’ai commencé à parler dans le micro, alors ce soir c’est la première fois que je vais parler en français dans le micro.
Au Bootshaus où j’ai joué le weekend dernier, c’était la première fois que le public entendait Soltan parler.

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Comment tu t’es senti par rapport à ça ? C’était quelque chose que tu tenais à faire ?

C’était pas quelque chose que je voulais faire car comme je l’ai dit j’étais dans une chambre, fermé de tout le monde, je ne savais pas de quoi avait l’air les gens d’autres pays.
Alors en 1 an et demi j’ai pratiqué sur ma façon de communiquer, j’ai appris l’anglais et le français, j’ai déménagé au Canada puis j’ai des grosses surprises musicales qui arrivent pour 2020. Parce que depuis ce temps là je n’avais pas beaucoup de temps avec tout ce qu’il se passait, j’avais des dates aux US, au Canada. Mais maintenant je peux le dire, je suis en train de travailler sur plusieurs projets.

Justement, depuis ton dernier passage en France tu as été discret en terme de releases, on peut donc s’attendre à un EP peut être en 2020 ou de nouveaux sons ?

Oui oui vous verrez. C’est juste qu’à cause des tournées, de l’immigration, tout ce qui s’est passé autour de moi, c’était un peu difficile. Mais je suis heureux de faire tout ça quand même car ça arrive qu’une fois dans ta vie. Tu rencontres du beau monde, te fais des amis, tu parles avec des gens qui aiment ta musique mais dans ton pays les gens autour de toi ne savent pas ce que c’est.
C’est beaucoup à encaisser pour une personne mais je l’apprécie maintenant. Je suis heureux.

Lors de notre précédente interview tu nous avais confié que pour toi le projet Soltan n’était pas encore assez mature, l’est-il désormais ?

On commence on commence. Je dirai que ça arrive avec la fin 2019. Avec le micro, le nouveaux style, je suis juste en tshirt maintenant, je suis plus cool comme vous.

C’était bien le costume que tu avais pour tes premières dates…

À Animalz je ne voyait même pas frère ! C’était juste de l’eau qui coulait sur mon masque… Même encore avec les lunettes j’ai de la buée des fois mais ça va c’est mieux.

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Tu es donc plus décontracté aujourd’hui. Est ce que cacher ton identité reste quand même quelque chose d’important pour toi ?

Oui car même si j’ai déménagé ça veut pas dire que je vais oublier tout mon passé. Ce que vous voyez c’est représentatif de ce que je suis, de l’ambassadeur du peuple, des artistes d’Iran. Les artistes qui peuvent pas sortir de leur pays pour jouer, comme Jool par exemple qui arrive; ils sont tous bloqués dans leur pays.

Pour le projet Soltan nous avons travaillé très dur avec des avocats pour pouvoir me faire sortir du pays et c’était difficile. Alors je ne veux pas me révéler puis dire, Ok je suis au Canada maintenant alors j’oublie tout. Non je continue de me cacher pour être respectueux envers le projet même, un peu comme une marque, en plus des raisons personnelles que je viens de vous citer.

En parlant du Canada, lors de notre dernière rencontre tu nous avais dit que ce n’était pas dans tes projets de quitter ton pays. Qu’est ce qui s’est passé pour que tu change d’avis ?

C’est surtout les tournées et avoir des opportunités car croyez-moi, tu ne veux pas faire tes runs jusqu’à Los Angeles, 35h de vol, tous les weekend !

Et du coup tu arrives à être en contact facilement avec ta famille ?

Alors c’est une chose que je voulais vous parler. Vous savez que j’ai joué au Bootshaus le week end dernier, c’était tellement beau j’ai envoyé des photos à mes amis, puis après quand je leur écrivais je n’avais plus de réponse. J’ai ensuite joué à Amsterdam à la Ignition, et en me réveillant le matin j’ai vu à la télé qu’ils avaient coupé internet partout, je n’avais plus aucun contact avec ma famille.

Actuellement à Toronto, il y a une grande communauté Perse et ils m’ont beaucoup aidé à me sentir chez moi. Il y a des restaurants Perse, des centres pour aider les immigrants, alors je peux dire que je suis en train d’intégrer la société canadienne mais je lâche pas mon côté Perse.

Tu aimerais réussir et faire en sorte d’amener ta famille à venir au Canada avec toi ?

Oui, je suis en train d’essayer mais c’est difficile. Si j’arrive à faire ça un jour… ça sera le rêve ! On fera des kebabs tous les jours. (Rires)

On va passer sur un sujet un petit peu plus léger. Tu as maintenant fait plusieurs tournées, vu pas mal de scènes, quel serait ton meilleur souvenir ?

Animalz. Quand j’ai joué «Face Slam» pour la première fois j’étais comme sous acides, j’étais genre Waah je suis en train de le faire ! Puis j’étais choqué, je me disais que j’aurai peut être du commencer par quelque chose de plus petit (rires), mais ça n’a duré qu’une minute. Maintenant quand je joue je suis juste heureux.

Vous savez en Iran ce n’est pas comme ici, vous connaissez ça depuis que vous êtes jeunes, avec vos parents, vous avez des boites de nuits etc… En Iran c’est juste le rêve, et quand tu fais ça en réalité, c’est juste incroyable. C’est comme si t’avais un orgasme (rires).

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ANIMALZ, mon meilleur souvenir.

La fin d’année approche, pour toi quel serait l’artiste sur qui il faudrait que l’on se concentre, qui va exploser en 2020 ?

NAZAAR, c’est sur lui que vous devez vous concentrer !

Aurais-tu un dernier mot pour ton public français ?

S’il vous plaît, respectez les gens, ne les juger pas trop vite. Respectez les gens qui viennent du Moyen Orient car la plupart d’entre nous avons vécu des moments difficiles dans nos vie. Je sais qu’il y a une crise d’immigrants envers l’Europe, c’est pour ça que je vous dit ça. N’importe qui, qui que ce soit, peut être le prochain Soltan. Quelqu’un comme moi vous voyez, je suis comme vous, il faut être respectueux envers tout le monde.

Un grand merci à Soltan pour avoir accepté de s’entretenir quelques minutes avec nous, et à Regarts d’avoir permis cette interview.

Crédits Photos : Kaka Lee, Louis Derigon, Blacklist, Wozniak

BASS IS LIFE, BASS FOR LIFE

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