10 Years of Rampage : La plus grande soirée du monde (re)décroche le titre (Fr)

Vous le saviez sûrement déjà et nous vous en parlions dans notre dernier article : Rampage fêtait il y a bientôt deux mois son 10e anniversaire ! Et pour sa 2e édition en tant que week-end, les Belges ont vu les choses en grand dans un Sportpaleis blindé sur deux soirs, une cinquantaine d’artistes et plus de 30 000 participants. Retour sur l’une des soirées les plus dantesques de l’histoire de la Bass Music.

C’est enfin l’heure de se retrouver devant le fameux Antwerps Sportpaleis ! Les bus et les trams arrivent, déversant un flot continu de voyageurs aux tenues plus ou moins excentriques. Les enceintes fleurissent dans les parkings et les appartements les plus proches, tandis que la plupart passent à l’apéro (pour ceux qui ne l’avaient pas déjà fait). L’ambiance est d’ores et déjà au rendez-vous et la fraternité des bassheads reste toujours aussi belle à voir.

L’entrée dans la salle est encore au-dessus de nos espérances. Le lightshow, même à son prélude, est tout simplement titanesque : les lasers s’empilent puis se séparent devant un logo Rampage aux flammes discrètes, tandis que les visuels éclairent la salle comme en plein jour. Peu de festivaliers se trouvent à l’intérieur et pourtant, le spectacle a déjà bel et bien commencé.

56293784_10161751704375051_3171279134106058752_o

Andromedik, D-Nasty et Doctrine sont déjà présents lors de notre entrée pour le Radar Records Soundsystem, et ils sont chauds ! Entre Dancefloor et Neurofunk, les gros passionnés s’étant donnés la peine de rentrer dès l’ouverture s’en donnent à coeur joie. Le temps de poser nos sacs aux vestiaires et de tâter la bière belge, que le second set commence déjà.

C’est le set 100% féminin qui commence pour un B2B en compagnie d’Harriet Jaxxson, Liz-E et Tekitoka. Dans un mix très orienté Dancefloor et Neurofunk, les filles font tout pour se faire remarquer et mettent une ambiance de folie ! Elles dansent, sautent, crient, se font tourner le micro pour cette performance dont d’autres plus gros artistes auraient bien fait de s’inspirer. On en redemande !

Puis démarre le B2B entre Alix Perez et Skeptical, accompagnés de SP:MC. Entre Roller et quelques pointes de Neuro, le set attire une seconde vague de fêtards qui fait alors son arrivée dans la salle. Les lights grimpent et dévoilent de plus en plus le décor ahurissant de la salle, tandis que le mix hypnotique des deux protagonistes suit son cours. Un style assez répétitif mais qui fait visiblement son effet parmi les spectateurs le plus férus du style. Maintenant, c’est l’heure de s’énerver !

Le premier set Dubstep et Riddim de ce week-end : Infekt & Mvrda ! Ces deux piliers de la scène Dubstep se sont réunis pour nous en mettre plein les oreilles. D’abord un peu timides face à l’immensité de la foule, les deux compagnons se détendent petit à petit tandis que leur set prend en complexité et violence. Mvrda se détache un peu plus que son homologue pendant la prestation, mais c’était sans compter sur les quelques répliques de l’allemand : «When I say spinach, you say broccoli !». Un dernier set entre ceux venus le plus tôt, car la salle commence sérieusement à se remplir.

Le Monstercat Showcase, soit le mix DnB le plus éclectique du week-end. Koven., Muzzy, Fox Stevenson et Feint dans un B2B plus que sympathique. Le mix est forcément préparé pour permettre de tels enchaînements, mais peu importe : il est exécuté et construit à la perfection. Les places se font de plus en plus rares car nombreux sont ceux à être venus les écouter, et à en croire les retours, personne n’a été déçu !

Ce premier jour déjà bien entamé par les prestations des premiers artistes, il est alors temps de se diriger vers les têtes d’affiches. Dimension, un petit devenu grand, a déchaîné tout un Sportpaleis largement amateur de cette Drum and Bass mélodieuse et si enivrante. Ayant comme à son habitude passé une grand partie de ses propres tracks pour ravir ses fans les plus aguerris, c’est sur «Whip Slap II», «Generator», «Techno» ou encore l’inévitable «UK» que l’Anglais à su imposer efficacement son style pour la première fois à Rampage. Il revient quand il veut !

Le plat de résistance est enfin arrivé : Excision est prêt à tout exploser pour les 10 ans de Rampage… Mission accomplie ? Il faut avouer que le Paradox possède un charme fou avec ses visuels toujours plus impressionnants. Le set est par ailleurs plutôt violent – comme on pouvait s’y attendre – et reprend la recette habituelle de X : drop sur drop. On ne peut, par contre, pas s’empêcher de remarquer que le Canadien reste très timide sur l’utilisation de ses platines. Une belle performance donc, mais exécutée sans prise de risque. À noter que son set est le seul à ne pas être disponible en vidéo officielle, voici donc la version live. Dommage !

Après un monstre comme Excision, pourquoi pas deux autres mais version DnB ? Sub Focus et Wilkinson, deux piliers incontestables du style depuis de nombreuses années ont donc pris les commandes de Rampage afin de ravir les férus de Drum Dancefloor comme on aime. Avec ces deux là en B2B, tout les plus gros hits y passent. Proposant un double drop massif en introduction avec «Rock It» de Sub Focus et «Higher» de Wilkinson, les deux british ont enchaîné leurs titres les plus efficaces comme «Timewarp VIP» qui fait toujours autant crier, «Desire» en collaboration avec Dimension, «Out of the Blue» ou encore l’immanquable «Afterglow» en fin de set. Mais c’est sans avoir particulièrement brillé que Sub Focus et Wilkinson ont rempli le cahier des charges. Des gros tracks, quelques doubles drops bien mixés et un bon set de façon générale. N’en n’attendons nous pas plus venant de deux mastodontes comme ceux-la ?

Après ce B2B monumental, c’est à celui que peu attendaient : Macky Gee, de reprendre les platines. Pourtant, c’est un set plus qu’honorable auquel nous faisons face et de loin l’un de ceux qui aura le plus fait skanker nos amis Belges. Les drops Jump-Up les plus épurés sont souvent doublés, et les habituels anthems sont au rendez-vous. Une prestation efficace et une ambiance de folie !

Puis vint Dion Timmer, petit protégé du grand Excision. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’élève s’apprête à dépasser le maître. Mélangeant lui aussi de nombreux styles de Bass Music (de la Trap au Rampage, qui l’aurait cru ?), il balaie forcément tous les sous-genres du Dubstep dans un mix qui vire à l’épilepsie : les drops et doubles-drops s’enchaînent parfaitement grâce à une gestion des fréquences tout bonnement parfaite. Le dernier quart d’heure est particulièrement féroce et garnis de tracks bien salaces. Sans aucun doute l’un des sets qui aura le plus marqué ce vendredi !

La soirée touche à sa fin… Enfin, c’est ce que l’on croyait. Le B2B de Culprate, Signal et Disprove est d’une violence inouïe : dès les premières notes, les énormes subs d’une Neurofunk dopée aux amphets nous retournent littéralement le cerveau. Il faut bien le dire, les trois bonhommes ont réussi à foutre un joyeux bordel, même à 5h du matin. Le set se termine à peine que l’on ressent déjà l’impatience de revenir, le lendemain pour certains, l’année prochaine pour les autres.

Samedi : la fête n’est pas finie.

Breden se présente en ouverture de cette seconde soirée en compagnie de Phase, M-Zine, Scepticz et One87. Tâche d’autant plus difficile que la salle se remplit moins vite que la veille. Pourtant, les premiers bangers pointent déjà le bout de leur nez dans un mix énergique et efficace. Il reste un peu difficile de différencier les artistes lorsqu’il sont si nombreux sur scènes, mais l’on ressent une vraie cohésion tant dans le mix que dans le groupe. Une belle mise en appétit !

Place au second set Riddim de ce week-end : le projet Monsters, qui réunit les deux habitués du B2B, Shiverz & Obey ; ainsi qu’un 3e larron, le berlinois Bukez Finezt. On ressent encore et toujours cette grande connivence entre les deux premiers frères adeptes de chops en tous genres, et Bukez semble parfaitement adapté au projet. Le set est plus réussi que celui de leurs homologues de la veille et nous balance de drop en drop pendant une heure : le Riddim comme on l’aime !

Comme à son habitude, le pape de cette grande messe : le patron Murdock, accompagné de son fidèle acolyte MC Mota, sont là pour mettre le feu ! Ici, point de détails, les deux bonhommes sont venus nous exploser les tympans à coups de grosse neurofunk. Les subs bien gras se succèdent, la foule est en véritable trance tandis que les festivaliers s’amoncellent de plus en plus devant la scène gigantesque.

Commence enfin le set le plus controversé de ce line-up, un B2B entre trois des plus gros noms du Dubstep : Spag Heddy, Dubloadz et Herobust. Comme on l’attendait, les univers des différents artistes sont assez éclectiques, malgré un léger manque de cohérence dans le set du fait de leur très faible nombre d’expériences entre eux, leurs niveaux techniques individuels permettent de vraies instances épiques à souhait. On ne peut que vous conseiller de vous faire votre propre avis !

Nous l’attendions tous, et il est enfin là : le grand, l’inoubliable Andy C fait son entrée. Que dire de ce virtuose à la technique inégalée ? La tracklist est parfaite, le mix ne contient strictement aucune erreur ou hésitation, et la gestion des fréquences nous donne presque l’impression d’entendre un mix pré-enregistré… Mais non ! Du pur génie, à regarder et écouter avec la plus grande attention, pour les amateurs comme les plus passionnés.

C’est maintenant l’heure du classico ! Les deux tenanciers Dj Hype & Dj Hazard commencent et finissent leur set sur les chapeaux de roues : la dose d’anthems de l’année pour certains, du vu et revu pour d’autres… Pourtant, très peu boudent le plaisir de s’égosiller au milieu d’un public aussi chaud et impliqué pour l’occasion.

Mais le prix de la plus grosse claque revient encore une fois à notre cher FuntCase. Présent pour son 1er Audio Visual Show, le stress était présent (selon ses dires), mais quelques secondes ont largement suffit pour voir le bestiau se déchaîner comme à son habitude. Un set plein de ses propres productions et de leurs remixes respectifs, composés par une flopée d’artistes tous plus talentueux les uns que les autres. Même si le visual show est forcément moins impressionnant que celui de X, la technique est elle, largement supérieure : 1h de pure violence aux transitions osées mais parfaites.

C’est au tour du crew Technique International Sound, composé de Drumsound & Bassline Smith, Tantrum Desire et Youngman MC, de prendre le contrôle des platines. Mais même avec une telle pression sur les épaules, le groupe s’en sort à merveille et nous délivre l’un des sets les plus techniques de ce 10e anniversaire. En quelques minutes, les headbangers laissent place aux skankers, et l’on retrouve cette ambiance propre au festival : banger sur banger, les milliers de festivaliers ont le regard vissé sur la scène, sans jamais décrocher le regard. Merci à vous !

Mastadon, le guest de cette soirée et véritable révélation Dubstep de l’année 2018, se présente pour le plus court set de ce week-end. Une petite demi-heure de violence à la tracklist sublime, mais dont les agencements ne raviront peut-être pas les plus exigeants. Son très jeune âge joue contre lui face à des mastodontes du style, et pourtant ce léger déficit disparaît très vite de scènes en scènes. Un grand bravo pour être déjà arrivé jusqu’ici.

Nous le savions et pourtant, il est déjà l’heure du dernier set. Le quatuor Distress Signal, composé de Kanine, K Motionz, Simula et MC IC3 nous avait promis du sale : on l’a eu ! Un set certes quasi exclusivement Jump-Up, mais parfaitement exécuté. Le plaisir de ces messieurs de jouer ensemble se transmet dès les premières secondes du set, qui transpire cette bonne humeur contagieuse. On oublie alors aisément que l’heure tourne, et les coeurs sont adoucis au moment fatidique de l’extinction des feux.

C’est après deux jours (ou deux nuits) d’émerveillements que vient le temps de reprendre la route. Même avec du recul, l’expérience n’en reste pas moins incroyable : une technique et une organisation irréprochables, un sound-system et un lightshow dirigés d’une main de maître et un line-up dévastateur. Tous les ingrédients étaient réunis pour que l’autoproclamée plus grande soirée Dubstep et Drum’n’Bass du monde conserve son titre et pourtant, elle s’en sort quand même avec les honneurs. Un grand merci à Rampage pour l’invitation : on se retrouve dans quelques mois pour la 1ère édition de Rampage Open-Air !

56164164_10161732783760051_8800502682310672384_n

BASS IS LIFE, BASS FOR LIFE

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s