Bass Interview #41 : Niveau Zero (Fr)

À l’occasion de la prochaine édition du Dream Nation Festival, nous avons contacté Frédéric alias Niveau Zero, l’un des piliers français et chef de file de la Bass Music française.

Comment as-tu découvert la Bass Music ? Qu’est-ce qui t’as attiré dedans ?

J’ai découvert la Bass Music avec la Jungle et la Drum and Bass. Dans un premier temps, ce qui m’a attiré dans cette musique, c’était son énergie. Moi qui venais du métal, j’ai pris une vraie claque quand j’ai fait ma première soirée DnB. Les subs, la production, j’ai trouvé ça monstrueux.
Ensuite, ce qui m’a séduit, c’est que cette musique réunissait de vrais passionnés. La Techno, la House étaient omniprésentes, il fallait digger la moindre soirée, quitte à faire des centaines de kilomètres chaque W.E. C’était ça être JUNGLIST.

Comment ton histoire a commencé ? Qu’est ce qui t’a donné envie de te lancer dans la production ?

J’ai mis un premier pied dans la musique comme Bassiste/Chanteur de différents groupes de Métal du sud-est de la France. J’ai découvert la DnB au début des années 2000 et je me suis très vite mis à en mixer aux vinyles. C’est devenu une vraie obsession. Je suis monté à Paris et je me suis entouré de toute une team de producteurs, liver dont les Tambour Battant, Monotype
Je me suis alors essayé à la production, mais étonnement je me suis plus tourné vers l’Abstract Hiphop, l’Idm et le Dub Electro. Vers 2008, j’ai monté mon premier live. Puis, j’ai découvert le Dubstep. Une révélation ! Cette musique regroupait tout ce que j’aimais. Je me suis tout de suite mis à en produire. J’ai ensuite été «Découverte» du Printemps de Bourges avec mon premier live Niveau Zero. Puis j’ai commencé à enchaîner les EP, les albums et les dates.

2008 affiche

Peux-tu nous raconter l’histoire de la création du label Château Bruyant, dont tu es à la tête ?

Chateau Bruyant Records c’est d’abord une histoire de potes. Avec les Tambour Battant, The Unik, Pablito Zago et Wapi, nous partagions une vraie passion pour la Bass Music dans le sens large du terme. Nous écoutions tous du Dubstep, du Grime, du Hiphop, de la Dnb et j’en passe… Nos projets respectifs étaient de plus en plus identifiés sur la scène française et internationale. Nous avons donc naturellement eu envie de monter notre propre label. Château Bruyant a vu le jour en 2011.
Nous nous sommes donnés pour mission de découvrir et pousser de nouveau talents. Pour la petite histoire, nous avons sorti les premiers Ep d’Habstrakt. Quand on voit le chemin parcouru, c’est plutôt cool !

http://habstrakt.chateaubruyant.com/
pochette

Même si nous poussons encore pas mal de newcomers, nous avons eu l’occasion de release des artistes plus installés tels que Grems, Current Value, Balkansky, Son of Kick, Von D etc… Comme toutes aventures, nous avons connu des hauts des bas. Certains membres ont quitté le label , mais 70 releases, 40 Goodies For Homies et plus d’une trentaine de label nights plus tard, nous sommes toujours là et plus motivés que jamais. Nous avons une team de jeunes producteurs solides autour de nous. Zblu, Mashok, XtronX, Sqwad, Ennemi, Bobby, Dazsta, Nightbird… (pour ne citer qu’eux) ré-injectent un sang neuf et une vraie énergie dans le label.

Dernier EP signé Chateau Bruyant

Peux-tu nous parler de RAW AUDIO DISTORTION, ce nouveau label que tu viens de monter avec la team Animalz ?

Effectivement, à l’occasion de la dernière Animalz d’avril, nous avons lancé RAW AUDIO DISTORTION (RxAxD), dont je suis le label manager. Les premières releases ont réuni des artistes tels que Ivory x Ecraze x Graphyt x SampliFire (Four Horsemen), Code: Pandorum, BloodThinnerz, Definitive, Sub Artillery, GANON, Qoiet etc… Nous avons pour objectif de produire du Dubstep, Heavy Dubstep et Riddim, radical et exigeant.
Je suis super excité par ce projet. De très belles choses sont à venir.

Un label qui t’as marqué ?

J’ai eu la chance de signer sur beaucoup de labels différents : Buygore, NSD, Uplink Audio, Doom music, HENCH, Boka etc… mais l’un des labels qui m’a le plus marqué, est Ad Noiseam. J’ai signé sur ce label mes 2 albums et quelques Maxis. Même si le label n’existe plus, j’en garde un super souvenir. Poussé par Nicolas Chevreux, son créateur et manager, Ad Noiseam m’a donné l’opportunité de jouer à travers le monde et dans des clubs mythiques tels que le Berghain, le Razzmatazz, Subland … Une collaboration et des souvenirs inoubliables.

Une collaboration avec un artiste que tu n’oublieras pas ?

Difficile à dire, car chaque collaboration est différente. J’hésite entre celle avec FIGURE qui était d’une simplicité enfantine ou celle avec Krimer sur laquelle j’ai bossé pendant des mois comme un malade. Je n’oublierai aucune des deux, pour des raisons différentes (rires).

Quelles différences te sautent aux yeux entre la Techno et la Bass Music ? Que ce soit aux niveaux des organisateurs, événements, labels, les autres producteurs etc…

La musique électronique n’a pas super bonne presse, car elle draine avec elle une quantité sans fin de clichés. Disons que la Techno est l’un des styles qui s’en sort le mieux. Cette scène est énorme comparé à la scène Bass Music. Elle a vu le jour il y a une trentaine d’années et est évidemment beaucoup plus reconnue et établie que la scène Bass Music qui en a 10 de moins. Être un activiste Bass Music en France reste compliqué. Ce style est souvent réduit à l’EDM dans ce qu’il a de plus vulgaire et le public jugé trop intense. Pour ma part, je trouve que l’énergie d’une soirée bass est incomparable. Le public ne vient pas que pour danser et se vider la tête, mais il connait les artistes qu’il vient voir et les tracks qui sont joués.

Avec Ghost Dance, mon side project Electro/Techno, j’ai l’occasion de jouer sur des scènes Techno et le public et l’énergie sont vraiment différents. Je prends évidemment du plaisir dans les 2 styles, mais ça ne joue pas sur les mêmes émotions et les techniques de mix sont presque opposées. Pour moi, la Bass music est une musique explosive alors que la Techno est beaucoup plus progressive et mentale.
Des événements comme Dream Nation et I love Techno proposant des programmations mixtes, peuvent donner l’occasion à certain de découvrir, par eux-même, l’essence de chaque style.

36374587_2108976132692898_846688983487348736_o

Justement, comment appréhendes-tu le Dream Nation Festival qui arrive bientôt ?

Plutôt bien. J’ai joué plusieurs fois pour Dream Nation. C’est à chaque fois un pur plaisir. J’ai tellement de morceaux énervés à jouer, j’ai juste hâte !! Je risque de jouer tôt, alors je compte sur les Bassheads pour venir me supporter !!

34984884_2092175634372948_6708263205774295040_n

Que penses-tu de l’ascension du Riddim dans la Bass ? Plutôt positif ou négatif ?

J’aime beaucoup le Riddim. Je retrouve dans ce courant les sonorités du Dubstep des années 2010 (avec des labels comme HENCH etc…) avec une production plus lourde, plus fat.
J’ai cru comprendre que le débat du moment est «Est-ce que le Riddim est du Dubstep ?». À cela, je répond «Oui le Riddim est du Dubstep. C’est indéniable». Après, les chapelles m’ont toujours emmerdé, car elles divisent plus qu’elles n’unissent. Au sein d’une même famille musicale, je trouve ça dommage.

L’endroit où tu rêverais de jouer ?

Ooutch ! Si on parle de pays, je dirais le Japon ou l’Australie. J’ai eu plusieurs fois des touches , mais rien ne s’est jamais concrétisé. Si on parle d’un event ou festival…. je dirais RAMPAGE ou un gros truc délirant du genre EDC Las Vegas. J’y suis allé cette année, c’est surréaliste.

40234201_10156530066991877_1442820316639264768_n

Ta pire expérience en tant qu’artiste ?

Il y en a tellement !!! La dernière en date, pas la pire, mais la plus épique. Au printemps dernier, je jouais après Borgore sur la soirée Space Yacht à Los Angeles. Grosse pression ! Pour l’occasion, je prépare un set spécial avec un maximum d’ Id et d’exclus mais je suis un peu à la bourre et je n’ai le temps de préparer qu’une clé usb. Je me dis que ce n’est pas grave et que je ferai la 2ème dans les backstages. Arrivé sur place , pas de backstage ! Je me retrouve à faire mon export au milieu du carré VIP avec la moitié de la scène qui se bouscule dans 10m² . C’est trop speed, je retire la clé de mon laptop sans l’éjecter.

C’est à moi de jouer. Le public est chaud, Borgore a cassé le truc. Son stage manager me demande ma clé pour l’installer dans la platine. Je m’exécute. Je tourne la tête 2 secondes et lorsque je me retourne, je le vois entrain de chercher quelque chose au sol. Je lui pose naïvement la question : « Qu’est ce que tu cherches ? », il me répond : « J’ai perdu ta clé ». Ok ok, pas de panique ! J’ai une autre clé que je viens de préparer. Je la mets dans la CDJ et je me rends compte que le set n’y est pas … mon arrachage sauvage a été fatal. Je commence quand même à jouer, mais le set de NY, celui de la semaine précédente avec aux pieds, le label manager de Buygore, le promoteur des Space Yacht, les Dirtyphonics et Olivier de Chwet…qui cherchent cette putain de clé !! Improbable ! Je mets 15 minutes pour me mettre dans le bain et enfin kiffer. On m’a ré-ouvert le club deux jours plus tard et j’ai fini par la retrouver… dans un rouleau de câbles, à trois mètres des platines, sous la scène.

Enfin, aurais-tu un petit mot pour tes fans et ceux qui te suivent de très près ?

Pas mal de projets sur le feu !! Une collab super énervée avec Zblu pour très bientôt et un 3eme LP en préparation pour 2019.

Nous vous laissons sur ces infos croustillantes et vous faisons (re)découvrir la dernière sortie de Niveau Zero. On se donne rendez vous le 22 septembre prochain à Aubervilliers à l’occasion du Dream Nation Festival ! Un grand merci à Frédéric pour avoir répondu à nos questions.

BASS IS LIFE, BASS FOR LIFE

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s