Review Alon Mor: Long Awaited Journey

Aujourd’hui nous vous proposons quelque chose de très différent de d’habitude car il s’agit du nouvel album d’Alon Mor.

Le producteur Israélien de 20 ans nous livre son second album deux ans après « Masters of the Human Imagination » qui était déjà d’un niveau de production incroyable.

Il avait également sorti deux ep « Natural Beheres » et « Associative Delusions ».

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Pour vous situer un peu le contexte de cet album, nous allons essayer de vous présenter brièvement le personnage.

Jeune, Alon Mor est rongé par son imagination, il fait du bruit, tourne sur lui-même et s’essaye aux films ainsi qu’à la musique. Incompris par son entourage, il se renferme et continue dans le sens de ces expressions créatives.

À 13 ans, il découvre un logiciel de piano aux sonorités trance lui rappelant ses artistes favoris à ce moment. C’est là que notre jeune Israélien commence à créer de la musique, à l’inverser, la déstructurer et cela devient son hobby.

Au collège, il s’intéresse plus sérieusement à la chose et c’est là que la musique s’installe pour prendre une place qu’elle ne lâchera plus par la suite.

Son imaginaire débordant le pousse à écrire des morceaux et il décide d’en envoyer un à un de ses producteurs favoris qui lui répondit qu’il était promis à un brillant avenir et lui conseille même de signer en maison de disques.

Il rencontre à cette même période ses premiers professeurs de musique. Stupéfaits devant tant de talents, ils essayent de le convaincre de la non-utilité de ses cours au vu ses précédentes créations.

Alon Mor insiste alors et ses professeurs se rendent vite compte qu’il a beaucoup à apprendre de leur expérience. À ce moment, la musique occupe une place plus importante que tout le reste dans la vie d’Alon, tellement grande qu’il se coupe de tout le reste.

Un jour, son professeur de sound design lui propose d’intégrer la « Rimon School of Jazz and Contemporary Music », offre qu’il accepte. Cette école lui permettra d’être exposé à un monde qu’il connaît encore peu, toute la musique qui ne vient pas du monde électronique.

Il dira lui-même « Je n’avais pas d’amis, pas de petite amie, pas de relations sociales et nulle part où aller. Pourtant, j’étais la personne la plus heureuse que je pouvais être. » en découvrant ce que pouvait apporter cette nouvelle école.

Alon achète des synthétiseurs, des logiciels de productions pour se rendre compte qu’il n’en a même pas vraiment l’utilité et ira même jusqu’à créer ses propres synthétiseurs numériques.

Après avoir consacré toute son âme a l’apprentissage des techniques, il sortira le 20 janvier 2015 son premier album « Masters of the Human Imagination ».

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Quelques-uns de ses synthétiseurs..

Maintenant que nous vous avons raconté l’histoire de ce jeune prodige, nous allons nous intéresser à ce tant attendu dernier album nommé: «  Long Awaited Journey ».

7 jours avant sa sortie, il annonçait sur les réseaux sociaux que ce projet serait le plus aboutis de tous, et qu’il correspondait parfaitement à ce qu’il voulait pour cet album, «This is the best I could do ».

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Un Lp composé de 11 tracks avec une production d’un soin assez incroyable, Alon marie acoustique et électronique avec perfection et construit à chaque morceau tout un monde bien précis.

Si à chaque piste on a vraiment l’impression de découvrir tout un univers, c’est grâce au choix méticuleux des sonorités qui évoquent parfois féérie, tristesse ou encore mélancolie.

Chaque son à quelque chose de grandiose, d’orchestral et on aimerait que vous écoutiez tout l’album mais si par manque de temps cela n’est pas possible, on va essayer de vous en donner l’envie à travers quelques tracks.

•Conscient que notre public écoute principalement de la bass music, nous vous proposons un track au drop puissant comme mise en bouche, à mis chemin entre électronique moderne et classique: 

• « Mania ».

Dès l’intro, on se rend très vite compte de l’importance qu’il accorde à l’ambiance à chaque fois, bruits de cours d’eau, de pas dans l’herbe et quelques notes d’une guitare en nylon synthétisé.

Des roulements de drums de moins en moins étouffés lors du buildup qui laissent ensuite place à des basses titanesques occupant tout le spectre: C’est bluffant!

Retour à la douceur lors du breakdown: bruits blancs et organiques, voluptueuses notes de synthés, quel savant mélange!

• On passe maintenant à « Presudeos » qui cumule plus de 100K play sur Soundcloud.

Un morceau de 9 minutes aux influences classiques, on nous offre ici une balade très orchestrale presque mélancolique à l’ambiance versatile.

« Presudeos » prend en effet une tournure nouvelle à partir d’1 minute 40, l’ambiance change et laisse notre imaginaire voguer sur des terre indiennes, nous laisse rêver à de grands espaces.

Sentiment de liberté mêlée à une tristesse certaine, puis vient un drop très proche de ce qu’Alon Mor peut nous faire entendre d’habitude.

Il est très intéressant de s’intéresser au sound design de cette partie.

Le drop fait effet de vagues, avec des roulements de cailloux en fin de snare, comme ceux que l’on entend lors des allers et retour de la mer qui emporte de nombreuses pierres qui s’entrechoquent.

On sent qu’Alon cherche ici à utiliser ces éléments en les détournant de ce qu’ils peuvent évoquer dans l’imaginaire collectif, ainsi, il fait sonner ces éléments comme la destruction d’un objet: on croirait presque entendre du verre s’écrasant.

Le producteur Israélien utilise ici la technique du layering, il superpose les sonorités pour leur donner plus de complexité et de précision.

Il utilise également des voix humaines essoufflées, brillante idée puisque dans ce drop où l’on a l’impression d’être écrasé ou d’entendre la destruction de grosses masses, il nous suggère l’émotion.

Ces mélanges entre glitchs et sonorités organiques sont très inhabituels et à la fois très familiers, chacun s’imagine ici son scénario mais le mélange d’émotions fortes y est.

On ressent qu’ Alon se livre sur ce morceau et illustre des sentiments très personnels, c’est l’expression d’une solitude, d’un mal-être.

« Presudeos » se termine sur des pleurs, pleurs très libérateurs de toutes les sensations auxquels on a été soumis, Alon se joue de son auditeur, MASTERPIECE.

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• Nous n’allons pas nous attarder sur « Encore » il est cependant pertinent de ne pas la passer, elle agit ici comme pause entre les deux morceaux, et fait également transition avec des éléments sonores repris dans « Holly Necklace ».

L’ordre des tracks est bien pensé puisqu’il permet aussi à l’auditeur de se reposer entre plusieurs morceaux très intenses.

• Nous arrivons sur la 5ème pépite de cet album «Holly’s Necklace».

Croissante dans son intro tout en ayant une intensité variant tout du long, les sonorités d’ « Holly Necklace » sont étouffées avant de laisser place aux notes de synthés futuristes et aux nappes aériennes.

On a vraiment l’impression de découvrir tout un nouveau monde, avec des choeurs pour le côté grandiose et orchestral.

Bruit d’un démarrage de moto en intro, on est plongé dans un monde qui nous paraît nouveau, on entend le deux roues passer à toute vitesse et le drop nous tombe dessus comme si on réalisait l’immensité qui nous entoure.

Ce morceau nous rappelle d’ailleurs les ambiances qu’avaient  développé les Daft Punk sur la bande originale de Tron.

Une production lunaire avec un drop puissant, qui laisse de la place à l’alternance kick/snare pour lui donner cette dimension si colossale.

Le début du break-down est amené par des nappes enchanteresses, puis on laisse saisir par un épique riff de guitare, c’est LE frisson de cet album tant l’ambivalence des sensations est bien guidée. Une de nos préférées, à ne pas louper!

• « Late night Skyline » est le morceau qui suit, production encore très différente de toutes les précédentes, elle semble cependant reprendre un peu l’atmosphère d’ « Holly Necklace » avec plus de lenteur et moins d’intensité.

Le jeu de basses nous fait un peu penser à l’ambiance dégagée par les productions de l’Ukrainienne Rezz en plus calme avec toujours ces sonorités acoustiques accompagnée de cette « organic touch ».

Porté par un snare de très bonne facture, on est noyé dans cette alchimie mélodieuse qui semblerait presque désordonnée, et pourtant, chaque élément en appelle un autre, 

Il est très dur de comparer ce morceau à d’autres tant il est unique en son genre mais l’atmosphère nous a rappelé « The Avener – Panama » excellent morceau que l’on espère, vous apprécierez découvrir.

• « Early morning wind » dégage encore une ambiance nouvelle, ici volupté et légèreté sont de mise. Une production plus « classique », très planante et accompagnée tout du long par une guitare, une basse et toujours ces synthés si éclectiques.

On oublie pendant 3 min la passion de l’auteur pour la déstructuration et on se délecte d’une production qui paraîtrait presque simple, comme la légère brise du matin….

Deux françaises ont lancé un crowfunding pour la réalisation du clip de ce morceau, et comme on est très curieux on va essayer de suivre le projet, ici le lien où vous trouverez tous les détails ainsi qu’un extrait de leur note d’intention.

→  https://www.kisskissbankbank.com/un-clip-intergalactique?ref=search  ←

On vous invite à soutenir ce projet si vous le souhaitez…

• « Los Recuerdos » est le dernier track sur lequel nous allons nous pencher.

On s’imagine vite au soleil avec ce début de morceau accompagné par des guitares sonnant musiques colombiennes.

On entend de nouveaux des bruits de pas lorsque les guitares jouent seules, comme à son habitude le jeune Israélien illustre.

Puis comme s’il fallait vous rappeler que c’est l’album d’Alon mor, retour à la déstructuration avec cette alternance kick/snare à la texture organique.

On change encore d’ambiance à partir de la moitié du morceau avec une partie piano classique qui nous amène sur une outro pleine de féerie: la magie opère, une fois de plus.

Voici les paroles, qui semblent illustrer le parcours d’Alon, ainsi que ce signifie cet album pour lui:

« I always wanted to be the man who reached.

The man who reached beyond that bridge.

Oh, the dreams I was in, the moments I lived.

I am the man beyond that bridge.

A wise woman once said to me:

There is no despair in the world, no despair.

No pain in the midelar, no pain.

All you’d ever want to look at is right at your reach.

Nothing will break a happy man, a man beyond that bridge. »

L’album touche à sa fin et on a l’impression d’avoir vécu toute une épopée, un voyage extraordinaire.

Ce voyage, c’est une échappée dans l’incroyable imaginaire d’Alon Mor qui a réussi à peindre à travers sa musique, les représentations de sa psyché.

Tout l’album est disponible sur toutes les plateformes à prix libre, et une édition physique de 450 exemplaires est disponible sur son Bandcamp.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, nous vous laissons une sélection de productions du jeune producteur, qui sont vraiment très différentes de cet album et qui valent également le détour.

Drum and bass, Halfbeat, musique colombienne, Trance voici notre liste d’immanquables!

Liens:

Site Web: http://alonmormusic.com/

Bandcamp: https://alonmormusic.bandcamp.com/album/long-awaited-journey

Facebook: https://www.facebook.com/alonmormusic/

Youtube: https://www.youtube.com/user/AlonMorTV

Quentin OrdouxPierre Quideau. Crédits image: Alon Mor.

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