Bass Interview #30 : Apashe

Pour notre trentième Bass Interview, nous avons décidé d’interviewer le grand Apashe.  Découvrez à travers ces quelques questions un petit bout de vie de cet artiste qui nous tiens beaucoup à cœur.

01. Salut Apashe, on va commencer par une question que l’on pose à chaque début d’interview.
Pourquoi avoir choisi le nom Apashe ? Qu’est-ce que ça représente pour toi ?

Alors ça c’est la question que tout le monde pose, pas toujours en premier mais bon.
Je dis une chose différente à chaque fois mais là je n’ai pas d’idée… C’est tout le temps la question qui fait chier parce que tu peux demander ça à n’importe qui et à chaque fois, les artistes sont perplexes et vont finir par dire quelque chose de chiant. Très peu d’artistes ont une réponse cool à cette question.
Quand je suis né je me suis pris pour un hélicoptère, je voulais voler. Je me sentais comme une machine, du coup je voulais trouver un nom qui représente ce que j’aimerai être. J’aimerais bien être quelque chose qui vole comme un oiseau ou un hélicoptère, un hélicoptère Apashe ! Ou encore une libellule, ou un papillon …

02. En septembre 2016 tu nous a sorti ton premier album. Comment as-tu eu l’envie de sortir un long format ? Peux-tu nous en dire plus sur le processus de production de cet album, les inspirations que tu as eu etc… ?

J’en avais marre de faire tout le temps des tracks que les DJs peuvent jouer et les gens peuvent apprécier. En fait quand tu sors un single ou un EP, tu as le sentiment qu’il faut que chaque musique soit aussi bien les unes que les autres, un album c’est totalement différent ! Tu peux faire plein de choses différentes dessus et les gens n’ont pas forcément la même attente. Tu as plus de libertés, tu peux changer de style, c’était une façon de mettre tous mes projets que je sortirai peut être jamais et finalement, les sortir sous un long format sans faire un nouveau projet.

03. Retournons un peu dans le passé, comment as-tu découvert la Bass Music et comment en es-tu venu à en produire ?

Quand j’avais 9/10 ans j’étais un peu geek. Je kiffais aller sur Limewire, Kazaa et j’adorais Prodigy ! En cherchant leurs tracks, je suis tombé sur du Pendulum, Dillinja ou encore Aphrodite. C’est à partir de là que je suis tombé dans la DnB. Quand j’ai eu l’âge, je suis allé en soirée, surtout DnB mais aussi Hardcore, Breakcore et Hardtek et c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à produire ce genre de son.
J’étais vraiment pas très bon à l’époque mais c’est comme ça que je suis rentré dans cet univers ! (rires)

04. Une question que nous avons toujours voulu te poser, pourquoi avoir appelé un de tes tracks «Poutinestep» ? Qu’est-ce que ça signifie ?

Ah mais ça c’est vraiment une blague, vous connaissez la poutine ?

On connaît Le Poutine mais la poutine…

En fait je venais de déménager de Bruxelles pour Montréal et là-bas ils ont un plat qui s’appelle la Poutine  ! C’est des frites avec une sauce brune un peu à la viande dessus avec du fromage (qu’ils appellent du fromage «squish squish» parce que ça fait ce bruit dans ta bouche) et ça s’appelle une poutine.

Bref quand je suis arrivé là-bas, on sortait et on allait manger une poutine. C’est le genre de truc que tu manges à 6h du mat après une soirée, un peu comme un grec, pour te remplir la panse. Bref je trouvais le truc assez marrant et c’est pour ça que j’ai décidé d’appeler «Poutinestep» mon premier track sur le sol canadien !

05. As-tu étudié la musique auparavant ou appris à jouer d’un instrument ?

J’ai fais de la batterie et aussi du solfège quand j’étais petit. J’étais celui qui faisait le moins de musique comparé au reste de ma famille mais mes parents m’ont un peu forcé pour le solfège même si j’étais plus dans la percussion. Plus tard, quand j’ai commencé à m’investir dans la musique, j’étais à l’université de Concordia à Montréal et j’ai tout réétudié en électro acoustique.

06. Quels ont été les artistes qui t’ont inspiré quand tu as commencé la production musicale ?

Les premiers qui m’ont mis une grosse claque c’était Prodigy quand j’étais enfant. 10 ans après, j’ai découvert Noisia et là: révélation! Après il y en a plein d’autres mais c’est vraiment eux qui m’ont le plus inspiré.

Apashe et Martijn van Sonderen de Noisia

07. Y a-t-il un producteur Trap que tu admires particulièrement ?

Là c’est plus complexe parce que le style Trap n’est pas très compliqué et c’est très minimaliste. Même si j’adore, il y a peu de producteurs que j’admire.
Certains ont des idées de génie mais je ne pense pas que ce soit spécialement d’excellents producteurs, je pense par exemple Troyboi ou Stööki Sound qui vont faire des trucs ultra simples mais j’adore !
Après je sais pas si c’est vraiment de l’admiration mais j’admire plus des gars d’autres styles de musique.

08. Quel est le style que tu préfères produire et pourquoi ?

Je ne sais pas vraiment, j’aime tous les styles. Après j’ai un gros kiff pour les trucs orchestraux, j’adore composer des orchestrations avec plein d’instruments et des harmonies un peu chelous !

D’où les chœurs sur «Battle Royal» ?

Ouais à fond ! Ou même «Black Gold» !
La Musique Classique ça me motive et m’inspire à fond pour la Bass Music. Faire des gros drop, il y a un moment où ce n’est plus très inspirant et bizarrement, le Classique fait le boulot.
Vous voyez des tracks comme «Commander» ? Toutes les progressions d’accords dedans c’est des progressions d’accords baroques.
C’est un truc, quand tu l’entends, tu ne penses pas au Classique mais ceux qui ont étudié reconnaissent les harmonies baroques et j’ai transformé ça en musique électro bien violente ! Ça passe crème en plus sauf que personne ne les utilisent !

09. Comment juges-tu l’évolution du style Trap en France et son «acceptation» par le public français comparé aux autres pays dans lesquels tu as joué ?

La France vous êtes un peu chelous. D’un côté, quand tu fais un show spécial Trap, 2000 personnes vont se ramener et ça va être chanmé. Mais si tu joues à un event plus axé Dubstep et que tu joues Trap, tu vas te faire haïr.
Je n’ai pas encore compris comment ça marche dans votre cerveau mais on dirait que c’est un peu chacun reste dans sa boite.

10. La fin des All Naked a aussi un peu marqué la fin de tes passages réguliers sur Paris, tu peux nous en dire plus sur les liens qui semblent assez forts, qui te lient avec cette orga ?

Ah bah c’est simple, j’adore me foutre à poil ! Voilà, fin de la réponse ! (Rires)

11. Quelle serait la personne avec qui tu rêverais de collab ?

Une personne actuelle ou peu importe ?

Comme tu veux !

Je dirai Hans Zimmer pour une personne vivante, sinon je réécrirai bien le requiem de Mozart avec lui !

12. Quel est le show dont tu gardes le meilleur souvenir ? Quel est l’endroit où tu rêverais de te produire ?

J’aimerai bien jouer au Japon. Je n’ai jamais eu l’occasion d’y aller et c’est un de mes rêves !
Après, tout est tellement différent d’un pays à l’autre que tu vas kiffer un endroit pour une chose puis un autre pour d’autres raisons. Faire Electric Forest était autant kiffant que de jouer dans des salles de 300 personnes à Montréal ou d’immenses festivals comme Dour. Tout dépend de la vibe, des gens. Bref ça varie, impossible d’en citer qu’un !

Apashe – Electric Forest 2016

13. Peux-tu nous raconter une anecdote amusante sur quelque chose qui te serais arrivé pendant un show ?

Faudrait que je commence à me les rappeler… J’en ai plein mais je bloque toujours quand on me pose la question !
Un jour j’ai fait une chute de tension. En fait je dormais en backstage et je me suis réveillé, j’ai vu l’heure et je devais jouer. Du coup je me lève, j’arrive sur scène, là je crie dans le mic et je sais pas, le fait de dormir et d’un coup me retrouver sur scène à gueuler comme un con et bien tout était noir et je me suis évanoui ! (rires)
Je ne suis pas tombé par terre mais j’ai vraiment eu un blackout. Je me suis vite repris en main mais ça a du se voir. Après c’est passé mais j’ai eu une grosse claque assez intense, c’était au milieu des US pendant la tournée avec BTSM mais je sais plus où exactement.

As-tu un dernier mot pour nos lecteurs ?

Ouais bah foutez-vous tous à poil et on fait la fête ! (rires)

Un grand merci à John aka Apashe pour cette super interview, on se retrouve très vite pour la Bass Interview 31 !

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