Live Report Animalz 8 : Le Dock Pullman On Fire ! 

Le 14 octobre dernier se déroulait le plus gros des évènements français dans le monde de la Bass Music. Deux fois par an, comme tout le monde le sait, Animalz pose ses deux pieds dans le Dock Pullman afin d’en faire un antre pour tous les Bassheads, qu’ils soient français ou d’ailleurs. La Bass Community se rejoint à l’intérieur de cette immense structure afin d’y passer 10 heures de son et surtout, de qualité !

Nous avons malheureusement raté nos trois petits français qui ouvraient la soirée, à notre grand regret. En revanche, aux vues de la foule en délire et des bonnes ondes ressenties, nous pouvons dire avec certitude que la responsabilité qui leur était attribuée a été réalisée avec succès !

C’est avec un grand plaisir que nous redécouvrons à présent le set d’un b2b monstrueux, celui d’Obey et Shiverz. Les deux compères sont à présent face à nous pour nous offrir ce que nous attendons tous : de la boucherie et du Riddim bien sale.

Adeptes du Riddim, vous avez dû être servis en entendant ces doubles drops, ces chops et cette multitude de sons à n’en plus finir ! Ces sons étant tellement nombreux qu’on s’est senti obligé de demander aux artistes leur secret, la réponse étant la suivante : leurs sets ne sont pas préparés à l’avance, ils sont faits sur le moment ! On vous le dit : Only freestyle pour les deux bouchers !  C’est avec une technique que l’on peut facilement qualifier d’incroyable que ce b2b de titans nous a littéralement mis à genoux !

Côté ambiance, on peut dire qu’Animalz porte très bien son nom car c’est une horde d’animaux que nous avons devant nous ! Une foule électrique et bercée par les chops que les deux monstres nous sortent en pleine face !

0F9A5886

C’est maintenant au tour des anglais de nous ambiancer ! Après une forte réticence du public suite à l’annonce de SaSaSaS à cette neuvième édition, les anglais sont attendus au tournant par une horde d’animaux déjà déchaînés. SPOILER ALERT : c’est avec panache que les MC’s Stormin, Skibadee, Harry Shotta, Shabba D, ainsi que les DJ’s et producteurs Macky Gee et Phantasy, répondent au scepticisme des français. Nous avons affaire à une performance extrêmement rythmée, avec une réelle complémentarité entre les rappeurs et le duo aux platines. Le set commence de très belle manière avec le tout frais VIP du banger «Let It Shine», de Macky Gee et Phantasy, suivi de «Tour», du premier nommé, sur lequel on retrouve le public en transe scander les notes du drop, alors qu’il n’est que 23h.

Autant vous prévenir tout de suite, Macky Gee nous a régalé en termes d’exclus et de classiques, avec notamment le VIP «Calm Before The Storm». Pendant ce temps, au bord de la scène, le quatuor de MC’s balance quelques uns de ses lyrics habituels, mais toujours aussi efficaces, alors que les DJ’s n’hésitent pas à passer de la Jump Up aux autres sous-genre de DnB. Les intros les plus incontournables de la DnB se font entendre, comme celles du VIP de «Timewarp», une nouvelle fois de Sub Focus, ou bien le remix de Pendulum de «Voodoo People», de base de The Prodigy.

La somme de la technique de Macky Gee et Phantasy, qui enchaînent drop sur drop, et des freestyles des MC’s rend la performance des anglais plus effrénée que jamais, et cela se ressent sur la foule très énervée. C’est avec une grande satisfaction que nous assistons à cette communion entre les MC’s et les français, lorsque ceux-là allument leurs briquets sur l’intro du remix de Dimension de «Strobe», originellement de Deadmau5, qui déboule sur l’énorme drop du VIP du refix de K Motionz de «Poltergeist», que l’on doit à Danger et Aweminus.
Mission accomplie pour SaSaSaS qui ont su séduire le public de l’Hexagone, alors qu’ils achèvent leur set sur un énième banger : «Transition» de Macky Gee et Phantasy.

0F9A6041.jpg

Cette transition avec Delta Heavy ne va pas se faire en douceur, puisque l’unique représentant du duo anglais ne monte pas sur scène pour nous chanter la sérénade.

Un énorme set, majoritairement Dubstep avec une touche de Drumstep, nous est servi et que c’est efficace sur la foule affamée de Bass du Dock Pullman. Avec cette recette surpuissante, on comprend la renommée de plus en plus internationale du duo, qui joue de plus en plus fréquemment aux Etats-Unis, ce qui est rare pour des artistes DnB. Mais retournons à Paris où Chwet n’a rien trouvé d’autre que de combattre la chaleur du public français par les flammes, alors que les visuels se montrent pleinement sur des écrans LED faisant la part belle à la forme triangulaire.

De son côté, la moitié de Delta Heavy nous offre un set très rythmé et surpuissant, notamment avec le remix de Rene LaVice de «Kaleidoscope», du duo anglais, ou encore le second drop de «Bar Fight», encore une fois des anglais. La chaleur monte très vite avec l’arrivée des lance-flammes et très vite l’air devient étouffant, mais cela ne nous empêche pas de skanker, ou même d’headbang lorsque le remix de Zomboy de «Ghost» est joué par le représentant du duo à l’origine du track. Mais nous atteignons clairement l’apogée du set, lorsque l’intro de «Dead Limit» de Noisia et The Upbeats retentit. On s’attend clairement au fameux double drop avec «Mr. Happy» d’Hazard, sauf que grosse surprise, nous assistons à une énorme combinaison entre «Dead Limit» et un edit de «Bricks Don’t Roll», d’Hazard encore, avec les synthés incontournables de «Mr. Happy»…. que c’est efficace !

Malgré un set destructeur, Delta Heavy capitule au bout d’une heure en dégainant le magnifique VIP de «White Flag». Le public aura eu raison de l’artiste DnB, mais la tache sera-t-elle la même face aux prochains représentants anglais ?

0F9A6212.jpg

Le défilé anglais se poursuit, avec l’arrivée sur scène des cadors, SkisM et Trampa. Les deux artistes bien habitués du public français reviennent cette fois côte à côte pour nous prouver que leur b2b vaut bien toute sa renommée mondiale. Trampa, le plus jeune, se charge d’entrée de jeu de jauger le public parisien, en débutant le set par l’intense «Rocket Fuel» et ses fameux «Are You Ready», alors qu’il communique avec un public totalement hystérique et réceptif au drop monstrueux, avant d’enchaîner sur «Runners». À son tour, SKisM applique sa formule magique : des doubles drops de qualité à ne plus savoir où donner de la tête, notamment avec le remix de TrollPhace et Skrillex de «Burial» combiné avec «Hood Anthem» de Megalodon. Bien évidemment les deux artistes mettent en lumière les tracks issus de Never Say Die et du Black Label, mais étonnamment également certains tracks de Disciple Round Table, comme «93 Styles» de notre Ivory national. Il faut croire que SKisM a bien digéré le petit drama et préfère faire trembler le sol du Dock Pullman, plutôt que la planète Dubstep.

La technique des deux artistes et leur cohésion sont parfaites, entre les combinaisons du plus expérimenté et les bangers faits maison envoyés par son poulain, comme son remix avec Eptic de «Get With The Program» de Zomboy, ou encore «Everybody Rocks». On reconnaît bien évidemment l’excellent «Borg» de Virtual Riot et FuntCase, qui déboule ensuite sur le remix de Downlink, alors que c’est désormais peine perdue pour arrêter la furie du public dans la salle. Double drop en veux-tu ? Double drop en voilà, ces mots représentent bien l’état-d’esprit d’un SKisM enjoué d’être avec son comparse, lorsqu’il nous couple le remix d’Eptic de «Hostile» avec le remix de Barely Alive de «Experts». En introduction du set on se demandait si les français étaient prêts pour le passage des deux mastodontes, mais clairement ils ne l’étaient guère, alors qu’un Canadien sauvage fait son apparition.

0F9A6258.jpg

Le moment est venu de voir Snails entrer en scène, il arrive avec désormais pour seul objectif, nous en faire baver !

Alors que quelques flammes viennent à nouveau embraser le dock, nous salivons déjà devant ces visuels magnifiques pleins de couleurs où viennent se glisser des escargots. Un visuel nous montre même Snails en train de chevaucher une de ces petites bêtes !

À son tour, le canadien nous livre une performance incroyable où nous retrouvons sans trop de surprise de la quasi totalité de son premier album «The Shell» (album sorti le vendredi suivant). Nous retenons particulièrement «Smack Up» et sa collab avec Big Gigantic «Feel The Vibe» où la frénésie se fait ressentir !

Nous retrouvons de très gros classiques comme «King Is Back» ou encore cette vieille collaboration avec Space Laces tout juste sortie, «Break It Down» ! On a beau les entendre, on ne s’en lasse pas ! Une future release de Space Laces vient également faire son apparition ! Aussi beaucoup de sons assez incroyables que nous ne reconnaissons pas, il nous a surement passé pas mal d’exclus d’autres artistes. Nous avons aussi fait une belle découverte avec «Ready For Conflict» de Subkill, merci Snails !

Le canadien a prouvé une fois de plus ce soir l’efficacité et la puissance de son VomitStep avec une tracklist puissante et une façon de gérer ses platines plutôt pas mal. Nous sommes maintenant fin prêts et chauffés à bloc pour notre exclu européenne !

C’est maintenant donc à Herobust que revient la lourde tache de garder la folie dans le dock Pullman, chose qui s’avère difficile après les performances exceptionnelles de ses prédécesseurs mais nous faisons confiance au jeune américain pour sa première date en Europe !

Il commence très fort avec un énorme double drop entre «Status Busted» et le remix Zomboy de «Follow» suivi de son mythique «Bottle Swervice». Quelle violence ! Deux minutes, voila le temps qu’il lui aura fallu pour convaincre les plus retissants. De «No Time» à «Skurt Reynolds», il envoie alors tous ses plus gros sons qui font absolument l’unanimité dans la foule ! Sa petite dernière «Debt’n Eight» est bien évidement de la partie et fait également son petit effet.

C’est un vrai show à l’américaine au quel nous avons droit, nous retrouvons de gros morceaux de Rap US mélangés à des drops énervés et on adore le résultat ! Il balance par exemple Lookas – «Can’t Get Enough» après avoir lancé «Niggas In Paris» de Jay Z et Kanye West ou encore «I Can’t Stop» de Flux Pavilion sur l’acappella de «Pop That» par French Montana !

Quelle performance ! C’est sans aucun problème que le jeune Hayden a maintenu la foule en délire et comblé nos attentes, un set de fou furieux qui se termine par un édit que nous ne connaissons pas du monstrueux son de rap du moment aux US, «Bodak Yellow» de Cardi B ! Notre seul petit regret est de ne pas avoir eu de flammes pendant son set, ce qui changeait totalement la donne pendant les 3 sets précédents.

Après des sets Dubstep à la hauteur, voici le tour du back 2 back 2 back le plus attendu de la soirée. 3 pointures de la neurofunk pour une heure de set à 174 BPM: Misanthrop, Prolix et Emperor !

Photo par Mysta Photographics

D’entrée de jeu, nos trois compères ne s’attardent pas sur des musiques gentillettes mais nous assomment à coups de gros kicks incisifs, on reconnait d’ailleurs bien la signature Critical dans leur tracklist. Misanthrop nous fait découvrir en avant première son excellent dernier EP qui offre un vent de renouveau à la neurofunk, «The Lick» ou encore «Blurred» sont présents, bien dans la vague de retour de funk actuelle.

On entendra les classiques de chacun, de «Defect» à «Asteroid» les fans se délectent des productions pointues de nos camarades. Le public s’en donne à coeur joie et les skankeurs sont de la partie !

Pas de déception malgré nos fortes attentes, un sans faute pour ce trio ! C’est maintenant l’heure d’une petite pause pour nous avant de revenir sur le Dubstep !

Il est déjà 5h et certains décident que la soirée s’arrête là pour eux, mais ils ne sont qu’une infime partie de cette assemblée d’animaux assoiffés de basses. De notre côté, après un petit bol d’air frais, nous décidons de retourner à l’intérieur voir ce que donne Stabby et Adair !

Alors que nous nous attendions à passer un moment plus reposant et mélodieux, quelle surprise quand nous arrivons dans le dock. La mélodie est belle et bien présente mais oubliez le repos, ce n’est décidément pas le mot à l’ordre du jour !

Bangers sur bangers, les deux dj’s nous présentent un set très violent bourré de technique. Allant du Brostep au DeathStep en passant par le Riddim, le retour dans le monde du Dubstep se fait alors dans la perfection par ces deux compères aux allures laissant penser au film The Ring

Photo par Tomo Photographics

Last but not least, c’est au jeune californien Svdden Death que revient la tâche la plus dure, abattre une bonne fois pour toutes les derniers survivants… Et c’est un succès !

Les premières notes de la fameuse intro de «Take ya Head Off» retentissent et plongent la salle dans une ambiance incomparable, nappée de jets de lumières verts et blancs.
Surprise, c’est le drop de la version VIP qui vient nous chatouiller les oreilles, petite intention sympathique en ce début de set.

Svdden enchaîne très vite et nous fait profiter de sa maîtrise des chops sur des doubles drops à vous décoller les tympans. L’euphorie est présente quand la courte fin d’intro de «Prismatic» laisse place au drop : il est 6h35 et un pogo massif prend forme au milieu de la piste… C’est vraiment une soirée mémorable que nous passons. Le public tient jusqu’au bout, pour une fin dantesque sur le VIP de «Shut ‘Em Down» !

Un grand bravo à ce upcomer qui a marqué les esprits tant par son set endiablé que par ses productions particulièrement adaptées à l’univers de la scène. Une chose est sûre,
on a pas fini d’entendre parler de lui !

C’est quand les portes se referment derrière nous que nous comprenons que le rêve prend fin. La huitième édition d’Animalz est l’une des plus belles éditions que l’on ait pu avoir. Malgré un public un peu réticent à l’annonce des premiers noms du line-up, celui-ci a encore fait ses preuves en tant que Bass Community française de qualité et avec beaucoup de folie à revendre. Merci Animalz de nous avoir encore une fois fait trembler devant les basses ! Animalz 8 ou la consécration ultime !

Rendez-vous en avril pour la 9ème édition ! 

Photo par Mysta Photographics

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s