Bass Interview #26 : DJ FLY

A l’occasion du Festival Dream Nation, qui arrive à grand pas ! Nous avons eu l’occasion d’interview DJ Fly ! 

1. Comment as-tu découvert la Bass Music ? Qu’est-ce qui t’as attiré dedans ?

Alors, ce qui c’est passé en fait au début c’est que moi je viens plus de l’univers Hip Hop donc, tout l’univers du scratch et tout ça. Et au fur et à mesure, j’ai commencé à rencontrer pas mal de DJ dont des DJ Electro, et d’autres centrés sur la Drum and Bass, et voilà je trouvais ça intéressant, et enrichissant de découvrir un peu ce type de musique et d’y appliquer le scratch donc, cette technique qui vient plus ou moins du Hip Hop à quelque chose de plus frais, sur d’autres sonorités en fait.

2. Comment as-tu découvert le scratch et pourquoi tu t’es tourné vers cette discipline ?

En fait, ça m’est un peu tombé dessus. Le scratch je l’ai découvert au delà des médias, j’ai vraiment rencontré cette discipline par l’univers du graffiti, suite à des potes graffeurs qui taquinaient un peu les platines. Donc, j’ai essayé et très rapidement j’ai aimé cette discipline, le fait de « bidouiller » un peu les platines de manière un peu non conventionnelle. Je me suis pris de passion là dessus, j’ai commencé à faire du scratch avant de mixer.

3. Est-ce que tu penses que le fait d’avoir ce titre de champion de Scratch, c’est quelque chose qui t’as vraiment permis de te propulser dans ta carrière musicale ?

C’est exactement ça ! L’univers Legacy des Championnats, c’est le fait de se confronter aux autres dans une discipline qui est quand même individuelle, qui a un but et qui s’ouvre sur un univers professionnel aussi. Je faisais déjà des soirées dans ma région, avec pas mal de dates mais après avoir eu le titre, ça m’a apporté de la visibilité, ça m’a rapporté des sponsors, des contrats, des shows à l’international et plus de visibilité liée à tous ça. Donc c’est un bon tremplin.

4. On a pu voir aussi que après tout ça, tu t’es mis un peu sur le tard sur la production. Est-ce que c’était une volonté de ta part ou est-ce que tu t’es retrouvé un peu forcé de toucher à la production ?

Non, en fait la production est venue de manière très naturelle. Au bout d’un moment, j’en avais un petit peu marre de passer les sons des autres en soirées. Et j’ai décidé de monter quelques petits sons et c’est venu naturellement de pouvoir m’exprimer musicalement, au délà des performances techniques et vraiment avec de la création musicale.

5. Avec quels artistes as-tu fait des collaborations ?

Je tourne avec un autre DJ qui s’appelle Netik qui est aussi Champion du monde de DMC. On a un duo qui tourne entre Hip Hop et Bass Music, c’est un bon intermédiaire, c’est un voyage musical entre plusieurs influences. A côté de ça, j’ai fais pas mal de collaborations. En fait, j’ai toujours aimé allier à la fois le côté individuel des prestations en solo, mais aussi de partager la scène par exemple, avec un collectif qu’on avait monté et qui tourne encore mais sans moi, qui s’appelle Scratch Bandits Crew, qui a trois DJ, enfin ils sont plus que deux maintenant. Un groupe de DJ où on utilise le scratch pour faire de la musique en live. Et à côté de ça, y a des collaborations plus avec de rappeurs de la région Lyonnaise qui s’appellent L’Animalerie, je suis leur DJ.

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Scratch Bandits Crew / Cecilia Gonzalez – Ruedin Photography

6. T’as aussi fait une collaboration avec une école de DJ ?

Oui, j’ai été formateur dans une école de DJ sur Lyon, dans un partenariat avec l’UCPA qui s’appelle l’AMF. Mais j’ai mis ça en stand-by, car au bout d’un moment avec tous mes projets j’ai pas le temps de tout assumer, mais je suis toujours en contact avec eux pour pourquoi pas reprendre des cours.

Du coup t’es bien placé pour donner des conseils aux DJ’s en herbe.

Carrément, après le seul problème c’est le temps qui me manque, comme je suis souvent en vadrouille, mais la pédagogie c’est quelque chose que j’aime bien, partager la patience, c’est quelque chose qui m’inspire.

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7. Surtout qu’on reste dans un milieu assez underground, que ce soit pour le Djing en Bass Music ou même le Scratch.

Le scratch a été médiatisé un petit peu, y a des groupes qui l’ont mis au grand jour, mais ça reste une discipline compliquée, il faut du matos, des notions musicales et techniques avant de sortir de jolies choses.

8. Quels sont tes objectifs personnels ?

En ce moment je bosse sur un album avec des musiciens, ce qui est en contraste avec la musique électronique, entre Bass Music et une petite caresse de douceur de la part des musiciens. On est aussi en train de bosser sur un EP avec Netik pour ce qui est des futurs projets. L’objectif ce serait vraiment que ça continue à rouler comme ça roule maintenant.

9. Quelles sont tes principales inspirations en général ?

Je me nourris essentiellement de musiques de films qui m’influencent énormément, ainsi que l’univers Hip-Hop, tout ce qui est Soul, Funk, etc…. Je me nourris un peu de tout, tout ce qui me marque, j’ai pas de style prédéfini ou de producteur, je me fixe pas ces limites-là. Donc je m’inspire de pas mal de choses qui n’ont rien à voir avec la musique actuelle.

10. A quel genre de performance on peut s’attendre avec Elisa au Dream Nation ?

Ca va être un mix de tout, avec essentiellement de la DnB, et moi dessus je rajoute des scratchs, de la performance technique avec des acapellas. Y a pas de ligne directrice, Elisa apporte la base et moi je saupoudre le reste. On cherche pas à faire la même chose qu’on fait tout seul.

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11. Comment vous en êtes arrivés à cette collaboration tous les deux ?

Ca s’est fait de rencontres assez simples. Pendant un petit moment, on tournait sur les mêmes festivals, salles de concerts, mais à chaque fois avec un jour d’écart ou sinon on était programmés l’un après l’autre. Et puis y a eu une soirée au Bikini, à Toulouse, où elle m’a invité à scratcher et après durant le même été, on a fait un festival exactement pareil et du coup on s’est dits « pourquoi on essayerait pas de monter un petit truc ? ». Donc vu qu’on s’amuse bien et que ça nous fait kiffer tous les deux, on essaye de monter un truc.

12. Pour toi, quels seraient les points essentiels pour réussir un bon DJ set ?

Ca dépend du cas de figure en fait, un bon DJ set en club est différent d’un bon set en boîte de nuit ou en festival. Mais moi je suis très difficile, je suis déjà très perfectionniste avec moi-même, alors avec les autres c’est pareil. Mais un bon set est basé sur la technique, la musicalité et aussi la communication avec le public, c’est surtout ça qui est importé, le fait d’échanger à l’aide du son. Beaucoup de jeunes DJ’s et de producteurs qui se mettent au DJ’ing jouent tête baissée et vont dans le mur tout en passant leurs tracks, en faisant abstraction de ce qu’il se passe devant eux. Il y a aussi l’égo des artistes qui joue, où peu importe ce qu’il se passe ils vont au charbon et si les gens comprennent pas ça va être la faute des gens et ils ne vont pas assez se remettre en question. Après c’est mon avis.
Après comme je l’ai dit, ça dépend dans quelle situation on juge ça, car sur un festival où demande à l’artiste d’être lui-même pendant une heure, ça va être un set préparé bien calé où il va avoir peut-être 2 ou 3 morceaux pour s’adapter au public ou des choses comme ça. Mais c’est différent d’un DJ qui va jouer en club ou dans une salle où faut réussir à capter les gens et où il faut « faire ses preuves ».

13. Quelle est ta meilleure expérience en tant qu’artiste ?

C’est pas évident de résumer ça. Mais c’est forcément mon premier titre de champion du monde, ça a été une expérience tellement folle à vivre où forcément tu réalises ton rêve de gosse. Après j’ai eu pas mal de dates depuis, des soirées vraiment folles, pas forcément grandes, mais où il y a une énergie et une complicité entre le public et ce que je faisais. C’est dur de résumer ses meilleures expériences, mais je dirais 2008 et 2013 pour les championnats du monde.

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14. Tu te représentes toujours aux championnats du monde aujourd’hui ?

Déjà pour accéder aux championnats du monde, faut être champion de France ce qui demande quand même du travail et de gravir des échelons. La première fois que j’ai gagné les championnats du monde c’était en 2008, suite à ça y a forcément beaucoup de choses qui se passent derrière, beaucoup de dates et de shows, donc c’est pas du tout évident de défendre le titre. Et j’y suis retourné 5 ans après, en 2013, où j’ai regagné. En 2014, 2015 je n’ai pas participé et en 2016 on s’est mis en équipe avec Netik. On a gagné par équipe et comme 2017 était une année assez chargée on n’a pas eu le temps de bosser dessus, même si on avait envie de défendre le titre.
Je ne mets pas une croix dessus, soit en individuel, soit par équipe, pourquoi pas revenir un jour. Mais en ce moment il y a beaucoup de projets, c’est pas facile de tout caser. Maintenant je fais jury c’est beaucoup mieux.

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15. Du coup que peux-tu nous dire de ton expérience de jury ?

C’est cool de toujours être dans la discipline, c’est un honneur d’être appelé à juger, ça prouve qu’on est encore dans le milieu. Mais c’est beaucoup moins stressant, ça permet de rencontrer pas mal de DJ’s, jeunes comme anciens, qui font jury aussi avec qui échanger. C’est assez convivial et encore une fois beaucoup beaucoup moins stressant, même s’il y a tout de même une petite part de stress, car il ne faut pas qu’on se plante quand on juge, mais sinon c’est gratifiant.

16. Quelle est ta pire expérience ? Ça t’est forcément arrivé d’en avoir.

Jamais ! Nan je déconne.
Oui bien sûr et il n’y en a pas qu’une seule. Après j’essaye de les oublier en général, j’essaye de ne pas me focaliser dessus. Mais oui ça peut arriver, des galères techniques, des problèmes sur scène. On utilise du matériel qui doit être au point et des fois ce n’est pas le cas, je ne remets pas toute la faute sur le matériel mais ça arrive de temps en temps. Ou de temps en temps où c’est moi qui suis fatigué et du coup je ne joue pas super bien, même si sur un enchaînement ou sur 2/3 scratchs ça va encore c’est pas trop compliqué.
Il m’est aussi arrivé de me retrouver dans des clubs complètement hors-sujet, où ça joue du généraliste, du clubbing. Toi t’arrives derrière tu serres un peu les dents, t’essayes de t’adapter, puis finalement vu que t’es pas dans le même pays, ils n’ont pas les mêmes points de repère que toi, donc c’est compliqué. Mais ça fait partie du jeu, tout n’est pas acquis.

17. Aurais-tu un dernier mot pour tes fans ?

Plein de gros bisous à mes fans ! Y a plein de projets qui sortent, ainsi que la création d’un site qui sert sur les réseaux sociaux. Il y a également l’album en cours et toujours les projets avec L’Animalerie. Enfin bref il y a plein de projets en stand-by, puis continuez à suivre et puis pour les DJ’s: ne lachez rien !

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