Dubloadz frappe fort avec ses 9000 fantômes

Cela fait maintenant plusieurs semaines que Dubloadz dévoile petit à petit les 13 tracks qui constituent son nouvel album « Dubloadz And The 9000 Ghosts » sorti sur Disciple, pour lequel « inconventionnel » représente bel et bien le maître mot de ce LP qui témoigne du génie de l’artiste américain.

 

Qu’est-ce qui rend cet album si spécial ?

Bien que les 13 nouveaux tracks du producteur repoussent les limites de l’originalité comme il sait si bien le faire, c’est du côté visuel que le LP se démarque. En effet, l’artiste a tenu à réaliser lui-même chaque artwork que l’on retrouve dans son travail musical ; c’est simple mais tellement efficace, tant cette caractéristique représente parfaitement l’univers ironique et déjanté de Dubloadz que l’on retrouvera tout au long de cet album 100 % fait maison.

Dubloadz 9000 2

L’album s’ouvre de fort belle manière avec « Gringe Control » en collaboration avec son grand ami Crichy Crich. Les deux hommes nous prouvent une fois de plus que le style du producteur se combine parfaitement avec le flow du rappeur, qui ne manque pas de rappeler leurs anciennes collaborations en début de titre.
Autant vous dire que la barre est d’ores et déjà placée très haute avec une intro aux beats Trap qui bascule sur un drop, joliment introduit par un « Fuck this shit let’s make somemore Dubstep », où l’on retrouve les synthés que seul Dubloadz sait faire, le tout agrémenté de samples en tout genre pour créer cet effet comique propre à l’artiste.

L’Américain ne cache pas le fait que « Gringe Control » représente LE track de son LP, avec un clip vidéo à la sauce Dubloadz. Amateurs de WTF, de caméos, de villas américaines, le tout saupoudré de courbes envoûtantes, cliquez vite sur le bouton play ci-dessous.

 

Le petit champignon hallucinogène du cover de « Mind Eraser » représente bien l’effet de ce track sur notre cerveau. Après un petit message d’avertissement, on comprend très vite que nous prenons place pour un voyage au sein du monde de Dubloadz, avec une certaine influence Riddim, un style qui reste tout de même cher à l’Américain, et deux longs drops bien distincts. Ce n’est pas le track le plus rythmé, mais celui-ci nous permet de tester la stéréo de nos enceintes, avec des échos alternant entre l’oreille gauche et l’oreille droite, afin de nous faire perdre la tête comme il faut.

Dubloadz Mind Eraser

On reste dans le domaine des modifications de la perception avec « Ghosts On Acid », qui représente une des dénominations les plus comiques tant le WTF est poussé a un niveau élevé. Pendant que nos amis fantômes sont partis pour un très long voyage, concentrons-nous sur le track et l’eau qui en découle en intro avant de laisser une nouvelle fois place à un premier drop très propre mais qui se veut moins rythmé que le second. L’efficacité du fait maison de Dubloadz se fait sentir puisque le cover s’insère parfaitement dans l’atmosphère dégagée par le track.

 

Nous ne sommes pas les seuls à être tombés sous le charme de « Riddim Rats » dès les premières notes du drop. Un Riddim, toujours à la sauce Dubloadz, qui se veut plus puissant que ce que l’on a l’habitude d’entendre dans ce style. A première vue on retrouve moins le côté déjanté dans cette musique, jusqu’à l’outro qui part très loin pour nous autres pauvres mortels, déjà bien tourmentés par les synthés tourbillonnant des deux drops. « Riddim Rats » se présente comme étant un des tracks les plus sales de l’album.

Laissons place à la touche éclectique du LP avec « Sick Woofer » et ses trois styles en un track, avec tout d’abord un drop Trap, qui bascule vers du Moombahton, avant de revenir au Trap, avant de finir sur du Dubstep. Dubloadz affiche sa capacité à osciller entre les différents horizons musicaux, avant de finir encore une fois sur une outro très imagée à propos des ravages de la drogue sur le cerveau.

 

En s’alliant avec Sullivan King on ne pouvait que s’attendre à une influence Metal dans « Break The Rail » et cela n’a pas raté. La collaboration entre les deux Américains se place comme le track le plus énervé de l’album, avec par moment des petits clins d’oeil au Deathstep, avec des machine guns à la Dubloadz entre autres.
En contribuant à « Dubloadz and the 9000 Ghosts » ainsi que le dernier EP de Bear Grillz, Sullivan King montre bien qu’il faudra compter sur lui dans les mois et années à venir.

 

Lorsque l’on associe les mots « Dubloadz », « Disciple » et « album » on pense forcément à une collaboration avec ses potes de Chodegang : Virtual Riot et Barely Alive. En l’occurrence, dans « Don’t Get Spooked », c’est avec le premier nommé qu’il travaille. L’incontournable Allemand vient poser sa patte sur le LP de son grand ami, avec un track qui se veut également très énervé et qui animerait parfaitement vos fêtes d’Halloween. Deux drops différents pour deux fois plus de frissons avec une parfaite communion entre les synthés des deux tiers de Chodegang.

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Chodegang en live

« For Fucks Sakè » sonne l’heure de la Bass House alors que l’on a à peine fini le plat de résistance. Avec un intitulé encore une fois très recherché, Dubloadz nous prouve une nouvelle fois sa maîtrise des genres avec un premier drop Bass House, précédé par une très belle intro, avant de changer de tempo pour un drop plus expérimental, entre Trap et Moombahton.

 

« Drunken Record » est un sprint tant le track est court, mais l’expression « les blagues les plus courtes sont les meilleures » peut très bien s’appliquer à ce track qu’il faut consommer sans modération. Même sobre ce son vous fait perdre l’équilibre avec des synthés qui partent dans tous les sens. Malgré une intro longue par rapport à la durée de « Drunken Record », Dubloadz rattrape le coche avec un breakdown très court.

 

/!\Alerte énervement/!\

Préparez vos petits cœurs avant de lancer « Weapon X », la collaboration avec le maître du déchaînement : FuntCase. On pourrait être sceptiques à l’idée de voir les univers de l’Américain et de l’Anglais ne faire qu’un, mais ça marche du tonnerre tant Dubloadz a cette capacité à s’adapter sans sortir de son style. Les deux hommes créent une arme de destruction massive solidement camouflée par une intro qui se veut gentille, alors que les drops qui nous attendent nous font perdre la tête, avec une dominance des synthés de FuntCase. Si vous êtes encore debout à l’ébauche du second drop, celui-ci se chargera de vous achever en beauté à l’aide de synthés aigus très agressifs.

Et si l’on faisait une partie de « Bubble Bobble » ? Dubloadz joue avec nos sens dans ce track qui se détache des autres avec des synthés plus aigus qui nous font l’effet d’une avalanche. Le rythme ne cesse d’accélérer, le sentiment de lenteur des premiers tracks n’est plus présent. « Bubble Bobble » est peut-être la musique qui s’insère le plus dans un registre conventionnel, jusqu’à l’outro où l’on se dit encore « WTF !? ».

 

Le cover avec le petit arbre portant chaleureusement sa moustache blanche indique bien à quoi nous avons affaire dans « Life Goes On ». En collaboration avec la voix envoûtante d’Anuka, Dubloadz nous gratifie d’un morceau Melodic Dubstep, qui sort une nouvelle fois des sentiers battus, avec des synthés 8-bit qui viennent s’ajouter aux infatigables sonorités du style.
Pour la petite anecdote, ce track terminé 3 ans auparavant est lourd d’histoire pour notre cher producteur.

Ce petit moment de répit nous annonce une fin proche de l’album de l’Américain.

 

Dernier track mais pas des moindres, Dubloadz avait à cœur de conclure son LP sur cette note sanglante avec « Fight Music 2017 ». Le plus gros succès de Dubloadz, maintes et maintes fois remixé s’offre un nouveau lifting avec une version remise au goût du jour. Nous sommes bien loin des autres sons de l’album qui dégagent une certaine sympathie, puisque nous entrons dans une dimension guerrière sur son lit de Dubstep aux sonorités Riddim, le tout pimenté par des samples de machine guns.

 

Avec ses 9000 fantômes, Dubloadz nous envoie un grand coup de massue, avec sans conteste un des albums de 2017. Fidèle à lui-même, le producteur montre au monde entier qu’il a plus d’un tour dans son sac, qui doit être plein d’objets plus ou moins déjantés et colorés. Il nous tarde maintenant de voir les tracks de cet album en action en live.

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