Bass Interview #24 : TenGraphs

En ce vendredi 26 juin, le tout nouvel EP tant attendu de TenGraphs :  » Ripping faces Remix EP   » vient bousculer l’Heavy Dubstep avec la participation des plus grosses pointures du style comme Sudden Death, Graphyt ou encore Code Pandorum pour ne citer qu’eux ! 

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  1. Comment as-tu choisi le nom de scène TenGraphs ?

Il est issu d’une déformation de mon nom de famille (Disthexe). Je m’explique, c’est une traduction en anglais. Dis = ten et thexe (« texte ») = graphs (paragraphe).

2. Depuis combien d’années écoutes-tu de la Bass Music et à quelle occasion l’as-tu découvert ?

Tout d’abord, j’ai commencé par la Drum n Bass via mes cousins qui étaient un peu plus âgés que moi. Je devais avoir vers les 13 ans (donc déjà 10 ans !) donc à l’époque beaucoup de Jungle ou Drum n Bass « classique ». C’était surtout des DJ set, si je me souviens, je me rappelle de Pendulum et The Prodigy !

Concernant le Dubstep, c’est venue deux ans plus tard (grâce aux passerelles entre DnB et Dubstep) avec les artistes majeurs de leur temps : Benga et Skream majoritairement. Mais la révélation a été les tracks d’Excision où j’ai commencé à appréhender les structures de sons, ce qui m’a en partie donné l’envie de produire !

3. Quelles sont tes influences majeures sur la scène Bass Music ? Et ailleurs ? Quel est ton producteur préféré en Dubstep s’il fallait en choisir un seul ?

Au départ beaucoup d’influences Jazz / Pop / Blues / Classique / Métal / cinématique et orchestral (des BO de films par exemple). Concernant la Bass Music, Excision pour le Dubstep comme précisé juste au-dessus et Noisia ainsi que beaucoup d’artistes Neurofunk de talents : Phace, Misanthrop, Billain. Mais, il faut souligner aussi Broken Note, Bratkilla et Code Pandorum (via Bratkilla).

4. Pourquoi avoir commencé à produire de la Bass Music et depuis quand ? Sur quels logiciels ? Joues-tu d’un instrument musical ?

Tout a commencé quand j’ai pris des cours de guitares à l’âge de 13 ans, j’écoutais beaucoup de métal. Puis, à 15 ans j’ai commencé à recording de la musique acoustique (voix, guitares, bass, drum) et c’est à ce moment où j’ai débuté le mix par la DnB (mais je n’en produisais pas) et du Hip-Hop. A partir de mes 16 ans, j’intègre beaucoup plus d’influences DnB (majoritairement jungle et Neurofunk) et commence à produire dans ce style jusqu’à mes 19/20 ans où je dérive vers le Dubstep (Tear-Out mais surtout du Deep Dubstep grâce à Joe Nice qui a apporté le Dubstep sur le continent américain.

5. Sur quel logiciel produis-tu majoritairement ? As-tu changé au cours du temps ?

Logic exclusivement (mais j’ai aussi expérimenté 2 ans FL Studio et 2 ans Ableton). Je donne des cours depuis février sur tous les logiciels musicaux à propos !

6. Quel est le track dont tu es le plus fier ? Celui que tu juges le mieux réussi ?

Mon track préféré reste « Ripping Faces », mais en termes de qualité de production « Sanctuary » ou mon remix de Midnight : « Statue Planet Scandal » .

7. Quel est l’artiste avec qui tu rêverais de faire une collaboration ? Ou un b2b ? Pourquoi ?

Midnight T sans hésitation mais sinon Figure, car quand j’ai commencé à faire la transition entre DnB et Dubstep c’était le Figure qui faisait de la grosse Drumstep et qui m’a fait rentrer dans le style « horreur ». A ce propos, il m’a envoyé un message pour me dire : « on va voir ce que tu fais » mais je ne prends rien pour acquis donc on va voir !

Midnight serait parfait pour la collab parce que c’est la suite des choses dans mon évolution cette année. Le b2b avec Midnight à Toronto cette année c’était vraiment cool, spécial, une expérience qui m’a beaucoup marqué : il m’a le plus influencé aujourd’hui, le style de « Ripping Faces » est arrivé grâce au remix de Midnight, de pouvoir jouer avec lui c’était un de mes buts en tant que producteur !

8. Le label Crowsnest Audio dont tu es le manager approche maintenant les 10 000 followers, comment es-tu arrivé manager à l’époque alors que tu étais peu connu ?

Initialement, c’est Code Pandorum qui a créé le label avec Kram, Soberts et Lord Swan3x. Mais, ils manquaient de temps pour gérer le label de façon pro, alors quand Code Pandorum m’a proposé une collab, par la même occasion, j’ai proposé mes services et progressivement j’ai gagné en responsabilité et rendu le label plus crédible. Il faut savoir qu’un label demande beaucoup de temps par exemple pour gérer les « free download » et il faut une personne dédiée pour que le label tourne bien et pas que ça reste une bande de potes vous voyez. Au fil du temps, Crowsnest Audio est devenu une véritable passion et c’est ce qui m’a permis de continuer à faire de la musique car je voulais arrêter. On peut appeler ça un second souffle.

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9. Quel est ton objectif principal de tes deux projets (TenGraphs & Crowsnest Audio) ? Souhaites-tu vivre de la musique dans le futur ?

Oui c’est sur sinon j’aurais arrêté il y a très longtemps. Pour le label, ce serait cool qu’on soit dans les plus grands labels Dubstep mais l’important est avant tout de garder notre orientation horreur / terreur. Je dirais qu’à nous 6 (avec Lux) on représente bien le spectre musical du label mais on ne veut pas se limiter non plus, pourquoi pas du métal, de la musique de film !

Pour Tengraphs, ça reste mon projet musical, je veux toujours rester dans tout ce qui est dark car c’est ce qui m’a fait tomber amoureux de la musique. En revanche, j’avais pensé aussi à faire de la musique de film ou de jeux vidéo mais j’adore vraiment faire des shows donc je n’abandonnerais pas la Bass Music.

Une des meilleures façons pour que je kiffe ma musique c’est d’incorporer des éléments cinématiques dans mes tracks. L’aspect marketing / communication est aussi très important pour pouvoir évoluer et certains les négligent et restent en retrait malgré leurs talents. Je ne me mets aucune limite, c’est ma doctrine, je me mets des buts.

10. Quel est ton avis de la scène Deathstep / Minatory / Tear Out d’un point de vue global ?

Concernant le Deathstep : la plupart des artistes ont encore beaucoup de travail en matière d’innovations (y compris les nôtres), il faut se lancer sans restriction, expérimenter le plus possible car il y a énormément de potentiels sortir de la zone de confort, beaucoup « copie » Code Pandorum). Par exemple, Evilwave faisait des tracks cool puis bien moins et dorénavant il incruste des éléments mélodiques dans des grosses track deathstep et ça c’est cool ! Ça c’est nouveau ! C’est ce qu’on veut ! Mais la scène n’a pas encore émergé.

Code Pandorum l’a rendu jouable en live, ce qui a permis le développement du style. Son style est bien plus « lourd » que la plupart des autres producteurs, il a apporté la virtuosité en live que les anciens comme Bratkilla ou Broken Note n’avait pas.

En Tear Out ça a commencé avec Rekoil, Barron, Trollphace et Sadhu (majoritairement) et ça a énormément évolué les dernières années. On a vu débarquer des types comme Aimless, Ranga (le premier après les innovateurs), Nimda, puis surtout Kadaver. Il (Kadaver) est un des producteurs les plus uniques que je connaisse et il va forcément percer à mon avis. C’est le prochain gros dans ce style, ce n’est pas pour rien que Midnight bosse avec lui, écoutez son track « Evolve », c’est trop beau !

On ne peut bien sûr pas oublier le crew Spaces Boys : Aimless, Nimda, Executionner, Dala, Punishment etc…) qui eux sont allés vraiment plus loin, pousser la note comme on dit chez nous !

Minatory : A part Punishment et Moth, il manque de sérieux dans le niveau de production, pas encore assez développé, mais elle pourrait exister surtout grâce aux métalleux qui pourraient aimer.

11. Que penses-tu de la scène Bass Music canadienne si riche en talent (Excision, Datsik, Phiso etc) et plus particulièrement québécoise ?

Au Canada, à la base on est très chanson mais ce qui est déplorable, c’est notre petite population en Bass Music, les artistes les plus innovateurs ne sont pas exploités au maximum, donc on a du mal à voir une évolution locale. Les scènes de Montreal et Toronto sont assez faibles, pour cette raison que Krimer a mis beaucoup de temps à percer et surtout grâce à Never Say Die, Snails pareil avec Kannibalen.

Excision / Datsik / Downlink sont arrivés au bout moment comme Phiso qui a reçu très vite le soutien de très gros et très vite comme Funtcase. D’une certaine manière c’est un peu un hasard car il n’a pas révolutionné les structures du Dubstep mais possède un sound design totalement NEXT LEVEL ! En revanche, ils ont apporté quelle que chose malgré tout, mais trop d’artistes au Canada sont mis de côté.

Montreal c’est 2000/3000 fans de Bass Music, niveau Deathstep par exemple il y a 3 ans on était une trentaine alors que dorénavant c’est bien plus populaire. C’est une des raisons pour lesquelles je me suis associé à Crowsnest car le crew permet de toucher différentes régions du monde, donc plus de public. Puis, je me suis fais pas mal d’amis aux USA pour les mêmes raisons mais soyons pragmatique :  c’est là où se trouve l’argent, les USA c’est 330 millions de personnes donc c’était un objectif que j’ai visé très tôt pour me développer.

Je veux dire que les artistes canadiens mêmes extrêmement talentueux arrêtent car ils ne reçoivent pas le soutien de gros artistes et donc stagnent ou arrêtent.

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12. L’arrivée de 193 Records sur le sol québécois a-t-il changé la donne ? Ont-ils apporté un style de soirée différent de ce qui se faisait auparavant ?

C’est ma perception personnelle mais quand on a vu 193 arriver, on a vu ça comme une compétition mais ceux qui sont dans la scène depuis un moment ont vu le potentiel d’une nouvelle facette : il y avait un espace de musique « undeground » et c’est good !

Le tournant a été le du moment où Big Tooth et 193 ont collaboré ensemble, ils ont fait des choses historiques chez nous comme rassembler 2000 personnes à l’Alliance. Maintenant que tout le monde bosse ensemble, c’est bénéfique et ça fait avancer la scène. Tout ce qui est Bass Music, on ne peut pas se permettre la compétition surtout chez nous car ça empêche le style d’évolué.

13. Quel est l’event où tu as préféré jouer ? L’endroit où tu reverrais de mixer tout particulièrement ?

Un de mes shows préférés : Paris car c’était la première fois que je voyageais pour ma passion, pour ma musique. Une soirée mémorable ! J’ai aussi adoré jouer au Valhalla avec Lord Swan3x chez moi. La soirée à Philadelphie dans deux semaines prévoit d’être dingue et le Valhalla de cette année risque d’être insane car je joue avec Code P.

Maintenant, une place où j’aimerais jouer : évidemment Los Angeles car c’est Los Angeles tout simplement !!! Beaucoup d’amis, beaucoup de grosses soirées ! Amsterdam, qui devrait arriver dans l’année (Interview réalisé avant l’annonce de TenGraphs à Ignition à Amsterdam en septembre prochain) et définitivement l’Australie car si j’y arrive un jour je pourrais mourir heureux, même si je préférais vivre encore longtemps haha !

14. Pourquoi avoir arrêté de produire de la Neurofunk pour te concentrer uniquement sur le Dubstep ? As-tu prévu d’en produire à l’avenir, notamment avec Code Pandorum qui a sorti quelques morceaux dans ce style ?

Je n’ai pas arrêté de produire de la Neurofunk, j’ai un projet en cours, je ne peux rien dire de plus !

Il faut préciser aussi que la DnB plus difficile à produire (que le Dubstep) car le bpm est plus élevé et plus le bpm est élevé plus le niveau dynamique l’est aussi. Entre le mixdown, le choix des sons, le choix de drum, les compressions, la fréquence : tout ceci est plus facile en Dubstep car on a plus d’espace pour créer que la DnB.

En revanche, c’est bien plus facile aujourd’hui de produire de la Neurofunk car avant seule l’élite de la DnB en produisait. Pourquoi ? Car c’est le style le plus difficile à produire ! On ne s’en rend plus compte maintenant mais les techniques de production étaient très peu connues à l’époque et ce qui coinçaient pour la plupart des producteurs, c’est ce qu’on appelle les reece bass.  Il faut être perfectionniste, un track prend entre 2 et 3 mois en moyenne.

Aujourd’hui j’ai du mal à trouver meilleur qu’Audio car je n’ai jamais entendu un track à lui qui n’est pas bon, il repousse sans cesse les limites. Bien sûr, comment ne pas citer Noisia qui sont les meilleurs incontestablement mais ils sont 3 donc c’est complexe de juger. Billain pour qui j’ai un immense respect, il travaille sur un plug-in (un logiciel de production musicale spéciale) complètement incompréhensible avec des milliers de boutons ! On n’y comprend rien ! C’est tellement complexe qu’il faut une connaissance scientifique du son pour maitriser ses plugs-in : à part lui, je connais seulement Apashe qui est capable de maitriser ce type de logiciel, j’ai un immense respect pour ces personnes.

Effectivement, Apashe produisait de la Neuro et du Dubstep entre 2010 et 2013 et je garde ses tracks comme un trésor de guerre ! Je citerais « Double Gun » sur Kannibalen qui a été l’un des plus gros facteurs de succès du label, m’a mis une véritable claque et a révolutionné l’Hybrid Trap mondiale. Pour l’anecdote, Excision l’a mixé en VIP pour le Shambala 2013.

15. As-tu un petit mot particulier pour tes fans et les lecteurs ?

Je voulais commencer par les remercier car sans eux je ne serais tout simplement rien mais je continue à dire : continuer à être les meilleurs d’eux-mêmes, si chaque personne dans la journée passait 5 minutes à faire quelle que chose de bien (la musique comme n’importe quoi) car je vois pas assez de gens dans la société aujourd’hui qui veulent pousser à améliorer les choses.

Merci d’avoir pris le temps de nous accorder cet interview, on attend avec impatience le 15 Septembre pour la Crowsnest Takeover à Amsterdam où tu seras présent avec tout le crew !

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Facebook : https://www.facebook.com/MarcDJTenGraphs

Soundcloud : https://soundcloud.com/tengraphs

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