Bass Interview #21 : Xilent

Stoner Music a profité du dernier passage de l’enfant du futur alias Xilent pour remonter le temps à ses côtés, lors de la Drop In Bass #29, le tout en lui posant quelques questions.

 

1. Quand as-tu commencé à produire de la Bass Music?

Professionnellement, ce devait être en 2010, lorsque j’ai sorti mon premier single Drum and Bass. C’était avec de très petits labels au début, mais quand j’ai vraiment commencé à créer ma propre musique, j’avais probablement huit ans. Et c’était avec un logiciel vraiment ancien, qui est dépassé, c’est une relique. Il s’appelait Rebirth 338 par Propellerhead. C’était une grande entreprise à l’époque, et ça l’est toujours. Mais, oui, j’ai fait une pause de dix ans, puis j’ai commencé à produire à nouveau à l’âge de 18 ans. Donc, depuis l’âge de 18 ans, ça continue. Mais, oui, je dirais que cette année-la était la première année de production professionnelle.

2. Quel âge as-tu maintenant?

J’ai maintenant 28 ans. On ne dirait pas, mais, oui, j’ai 28 ans. * rires *
Alors, j’ai fait du chemin, parce que j’ai changé de genre tellement de fois, vous savez, j’ai commencé avec la Neurofunk, la Drum and Bass, et ensuite, du Glitch Hop, Melodic Electro, à la Complextro House , et j’ai fini par du Melodic Dubstep, qui s’est transformé en « Metallic Crazy Dubstep », comme c’est le cas en 2017, et on verra où cela va m’emmener.

3. Alors, tu produis depuis dix ans et je suppose que tu as utilisé beaucoup de logiciels différents: quel était ton préféré quand tu commençais, et qu’est-ce que tu utilises maintenant?

D’accord, donc, au début, c’était mon papa, de toutes les personnes (même s’il ne produit pas vraiment de musique), qui a entendu que Cubase était un grand DAW. Alors au début je l’utilisais juste parce que mon père en a parlé une fois. J’ai donc collé avec Cubase car il m’a semblé être un excellent logiciel pour commencer. Puis, en sautant de Cubase 5 en mai 2015, à Bitwig, qui est comme une sœur DAW d’Ableton. Une partie de l’équipe allemande (ils sont tous allemands) a sauté d’Ableton pour développer un tout nouveau logiciel, et j’ai eu la chance d’être sponsorisé, si on veut, par Bitwig. J’obtenais des copies gratuites, et je leur envoyais des billets et des commentaires afin qu’ils puissent réparer leur logiciel en retour, et jusqu’à présent, c’est le DAW le plus modulable et flexible avec lequel j’ai travaillé. Je le recommande vraiment si vous voulez commencer à produire, vous aurez des possibilités infinies avec ce DAW.
C’est comme une perruque faite de morceaux, haha. (bit = morceau ; wig = perruque)

4. D’où vient le nom Xilent?

Il y a cette série de jeux, je ne sais pas si vous la connaissez ? Silent Hill par Konami. C’est un jeu japonais d’horreur et de survie, pour ceux qui ne le connaissent pas. C’est une franchise énorme, et aujourd’hui c’est nullissime, mais quand il est sorti, d’abord quand il était encore produit par l’équipe japonaise, c’est à ce moment-là que j’étais fan du producteur de musique pour le jeu, Akira Yamaoka, qui s’avère utiliser plein de morceaux de BT. Je n’étais même pas au courant jusqu’en janvier de cette année, alors je suis toujours étonné, en fait je suis vraiment influencé par BT plutôt que par Silent Hill, donc, oui , je dirais que BT est génial. * Rires * Mais, non, ce que je veux dire, c’est que pour Silent Hill, tout ce que j’ai fait, essentiellement, c’était de remplacer la première lettre, changer le S pour un X, et tout le monde s’est confondu, tout le monde a commencé à m’appeler «Excellent», alors qu’il faudrait être un vrai connard pour s’appeler «Excellent»! *rires* Ce n’était pas mon plan, ce n’était pas ma vision!

Silent-Hill-1-Cover.jpg
Le premier jeu Silent Hill

5. Pourquoi as-tu décidé de te pencher plus vers le Heavy Dubstep que vers le Melodic Dubstep, comme tu faisais avant?

Il y a quelques raisons. La première étant que je n’avais simplement plus de mélodies en tête. Pas vraiment, bien sûr, c’est une blague. Mais je commence à me dire, peut-être, une fois que tu as assez d’expérience en live, et que tu fais suffisamment de soirées, tu te rends compte que les gens n’aiment pas vraiment la musique mélodique en boite autant qu’ils aiment les grosses basses. Donc c’est cela, malheureusement, qui m’a influencé à simplifier la musique elle-même, et peut-être au lieu d’ajouter les mélodies comme un aspect intéressant, je me suis simplement concentré sur le coté métallique, la folie, la «glitchiness» des basses dans le track plutôt que les mélodies. C’était surtout la réponse des gens qui a influencé ce changement.

6. Avant tu produisais beaucoup d’Electro, et maintenant tu es beaucoup plus concentré sur le Dubstep, envisagerais-tu de revenir à Electro ou à d’autres genres?

Alors, à ce stade, je crois que je dois rester avec les tempos de Dubstep, et le Dubstep en lui-même, surtout parce que je veux m’établir dans un seul genre. Il est très difficile d’expliquer la connexion entre l’Electro House et le Dubstep. Les genres diffèrent, même s’ils ne semblent pas différer autant que ça, mais quand il s’agit des scènes et de la foule, c’est vraiment le cas. Ils sont deux mondes complètement séparés, donc de combiner autant de genres dans un seul projet, ce que j’ai déjà fait pour mon album, par exemple, est compliqué. Il y avait au moins sept genres sur cet album, et je me suis rendu compte que cela ne fonctionne vraiment pas car, en parlant des bookings, ou des bookings pour les « live shows », les gens ne comprennent pas, surtout les promoteurs, ils ne savent pas vraiment s’ils devraient vous booker pour telle soirée ou telle soirée, juste parce que tu as produit deux tracks Dubstep au cours de la dernière année, mais que tu as également produit des tracks de Drum and Bass, Glitch Hop et Electro House. Alors j’ai vraiment voulu simplifier l’idée derrière Xilent et , quant à l’avenir, je ne voudrais pas vraiment revenir à l’Electro House, ni à tout autre tempo, mais je préfère me diversifier sur les mélodies à l’intérieur du Dubstep et des tempos de Dubstep eux-mêmes, vous savez, je ne veux vraiment pas changer le BPM a nouveau, j’aimerais bien continuer a faire à ce que je fais maintenant.

Album
« We Are Virtual » l’album de Xilent

7. L’année dernière, tu as rejoint Disciple Recordings et Never Say Die, que peux-tu nous en dire?

Alors, il y a une petite histoire. Avant de rejoindre Never Say Die, je faisais partie du label AudioPorn Records du Royaume-Uni, c’est le label qui a essentiellement fait de Xilent ce que c’est aujourd’hui. Si ce n’était pas pour Shimon de Ram Trilogy qui dirige AudioPorn Records, je ne pourrais pas faire ce que je fais en ce moment, et je continue à le dire partout, et c’est tout à fait vrai, car il est comme un oncle pour moi , et il a élevé Xilent comme son neveu. Mais, de toutes façons, depuis que je suis entré dans le Melodic Dubstep et que j’ai fait cette transition vers le Heavy Dubstep, j’ai décidé de m’éloigner d’un label principalement basé sur la Drum and Bass, de déployer mes propres ailes, d’essayer différents labels, et depuis, j’ai fait des remixes pour certains gros labels, qui sont un peu Indie. J’en ai fait pour Katy Perry, tout ça, mais ça c’était le côté «mélodique» de moi en 2013/2014. Depuis mon Dubstep est entré dans cette sphère plus heavy , il s’agit de déployer mes ailes vers un label un peu plus axé sur le style. A ce moment-là, puisque je vivais encore au Royaume-Uni, c’était principalement Never Say Die. Et vu que Shimon, qui est mon manager, comme je l’ai dit tout a l’heure, est un bon ami avec SKisM, qui dirige Never Say Die, j’ai pensé que cela pourrait être une excellente occasion pour moi de continuer à faire ce genre de Dubstep plus lourd. Disciple Recordings sont d’excellents amis, ils produisaient des tracks pour AudioPorn Records a l’époque en 2011/2012. Certains d’entre vous connaissent peut-être le groupe Mediks composé de Dodge & Fuski et Myro. Il s’agissait essentiellement d’un groupe électronique chez AudioPorn Records, genre de la Drum and Bass très mélodique, mais maintenant, depuis qu’ils ont déménagé à Los Angeles et ont commencé Disciple, j’ai décidé de voir ce qu’ils font. J’ai produit quelques tracks pour eux, même si je n’étais pas vraiment, nécessairement abordé par Disciple, mais c’était toujours une idée au fond de ma tête, et ils resteront toujours de bons amis. Never Say Die est plus proche de l’Europe, et cela me donnera plus d’opportunités en termes de carrière, donc j’ai décidé de rester avec eux.

8. Tu vas jouer à Let It Roll cette année, feras-tu un set Drum and Bass?

Ouais, seulement Drum and Bass. Je voulais mentionner cela, car c’est *rires* une de ces situations où vous devez revenir aux racines un peu, juste pour cette nuit, et jouer certains des anciens classiques de Xilent de 2010/2011 et montrer que je n’ai toujours pas honte de ceux-là, même si c’est un peu le cas, mais … C’est un peu un spoiler, mais les gens s’attendaient à ce qu’un set Let It Roll soit principalement de la musique Drum and Bass, mais, oui, c’est le plan. Et (spoiler) il se trouve qu’AudioPorn lance un album «Dix ans d’AudioPorn», qui est un LP énorme, et j’ai sorti un track pour eux appelé « Choose Me I » à côté d’un track intitulé « Choose Me II » et ils veulent que je fasse un « Choose Me III », qui sera de la Drum and Bass. Donc, je prévois de faire cela à côté du spectacle à Let It Roll, alors c’est le plan et je pense que ça va être dingue, et ça va être cool de faire quelque chose qui change un peu du Dubstep, Electro House et Glitch Hop, alors revenir à la Drum and Bass juste pour ce spectacle va certainement être stylé.

9. Quel est ton track préféré, sur l’ensemble des morceaux que tu as produits, que tu utilises toujours?

En ce qui concerne mon track préféré que j’ai jamais produit dans toute ma carrière, c’est probablement « Pixel Journey« , et c’est un peu Electro / Complextro. Je l’ai produit quand j’étais, probablement, le plus heureux de ma vie. Je venais de déménager en Espagne, vivant dans ce charmant petit penthouse, et ma fiancée à l’époque était sur le point de me rejoindre, alors on était complètement libres de faire tout ce qu’on voulait. C’était mon moment le plus heureux, je pense, et j’ai produit ce track là-bas, mais je ne le passe pas vraiment dans mes sets, car, comme je l’ai dit, je ne joue plus d’Electro House. Mais, quand il s’agit d’un track que je passe encore, et dont je suis encore vraiment fier, je devrais dire que c’est « Boss Wave« , et ce n’est que parce que c’était une percée massive pour moi, mais je ne passe pas vraiment l’original du track, mais je passe un VIP spécial, que je n’ai jamais sorti, alors c’est toujours quelque chose de cool. Donc, oui, ‘Boss Wave’ et ‘Pixel Journey’, qui semblent être les seuls morceaux de sonorité de 8-bits dans mon catalogue entier, pour une raison quelconque, mais oui, ce sont ces deux-là mes préférés, je dirais.

10. Quelles sont tes principales influences?

Oh, merde, d’accord. Donc, il y a toujours beaucoup d’influences. Quand il s’agit du début de Xilent, c’est surtout la Trance que j’avais l’habitude d’écouter; tous les arpèges et les incontournables sont principalement influencés par Tiësto, DJ Quicksilver, Paul Van Dyk, et des gens comme ça. Les tracks les plus récents sont principalement influencés par les choses que j’écoute pendant les soirées en direct, vous savez, les soirées que je joue avec d’autres DJ, mes pairs à ce stade, qui sont au même niveau que moi, ils me donnent tant d’idées. Et de jouer des soirées avec des personnes qui se trouvent dans la même scène, vous donne de très grandes influences, je ne sais même pas comment le décrire, mais tant que vous traitez tout comme un remix, parce que tout a déjà été fait, appeler quelque chose une influence mettra l’accent sur le fait que celui qui vous influe est comme une entité énorme pour vous, et dans mon cas, ce serait, je ne sais pas, BT. Je dois mentionner son nom à nouveau, mais oui , BT et sa musique; la complexité de ses synthés et le «choppiness» de ses voix, ouais, je dirais que BT est mon influence principale.

11. As-tu un dernier mot pour tes fans en France? Que voudrais-tu leur dire?

Je tiens à remercier tout le monde pour le soutien de la famille française. La dernière fois que j’ai joué à Paris c’était Noël 2014, et je n’oublierai jamais cette nuit, car c’était Noël; j’étais censé le passer avec ma famille, mais au final j’ai décidé de venir à Paris, et je ne me souviens pas beaucoup de cette nuit-là, c’est comme ça que je sais que je l’ai kiffée. *rires*
Ouais, je suis heureux d’être ici, deux ans et trois mois plus tard, et je tiens vraiment à remercier tout le monde pour le soutien, car le public français a toujours été oufissime, et je vous aime les gars. Merci encore une fois.

Un grand merci à Xilent pour nous avoir accordé cette interview très riche sur le parcours du Polonais aux lunettes blanches. Remercions également 193 Records qui nous ont permis d’effectuer cette entrevue.

Facebook et Soundcloud de Xilent.

BASS IS LIFE, BASS FOR LIFE

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