Live Report : Drop in bass #30 – Birthday edition ( 05/05/2017) Bear Grillz – Badklaat – Subfiltronik – Kadaver – Milas – AnswerD – Blyst

Les birthdays by 193 records, c’est comme une réunion de famille, on ne se pose pas vraiment la question d’y aller ou pas. On y va. C’est dans leur résidence actuelle depuis une année maintenant, que nous nous sommes réunis, au V-SO ce 5 mai.

VSO blabla
Credit photo : Tomo-photograpics

Pour fêter comme il se devait l’anniversaire des deux principaux organisateurs : Margo et Milas, ils nous ont concocté un plateau digne de ce nom. En headliner, celui qu’on ne présente plus et reconnaissable parmi 1000 à chaque apparition, coiffé de sa tête d’ourson : Bear Grillz. Raté, elle fut endommagée pendant son voyage pour sa tournée européenne.
Accompagné comme il se doit de Kadaver au sound design si particulier, de Subfiltronik du crew Monsters, ou l’un des papas du Riddim, et de Badklaat, compagnon habituel de 193 records ! On n’oubliera pas le jeune talent de la scène Riddim parisienne, AnswerD, mais aussi le gagnant du contest mix : BLŸST et bien évidemment Milas.
On rentre assez rapidement après une file d’attente assez fluide à l’entrée et des vigiles plutôt calmes. Dès lors, la chaleur se fait assez vite sentir et on y comprit vite la raison : sold-out pour cette édition ! Les murs risquent de transpirer, les bassheads avec, on est là pour cela ! On continue en se faufilant vers le fond de la salle.
Le sound system est plus qu’à la hauteur, sonorisé par Nexo, la qualité est rarement autant au rendez-vous. Une justesse entre les subs et les aigus, on sait désormais qu’on va sortir avec ses tympans intacts ! Contrastant forcément avec une certaine faiblesse du lightshow et du mapping.

 

VSO
Credit photo by Tomo-photograpics

Les hostilités sont ouvertes par BLŸST, qui a remporté le Mix Contest organisé pour l’occasion. Encore émerveillé par une telle opportunité, le DJ nous a livré ses impressions, sur ce qui est d’ores et déjà un temps fort de sa toute jeune carrière :
« Clairement jouer à cet événement c’était juste génial, pour une deuxième scène c’était une chance ce concours. J’apprécie vraiment les DiB et là du coup mixer sur ce line up c’était hyper plaisant !
J’étais stressé car il y avait du monde mine de rien. Pour ma part j’ai pris du plaisir, c’était vraiment cool. Le public, déjà nombreux, pour un warm up était vraiment génial et même au cours de la soirée ils étaient grave cool. Par exemple, il y a ce petit truc génial de pouvoir emmener le public dans ton délire quand tu mets un track puis un autre en le faisant venir vers le drop que tu recherches ou vers ce que tu veux construire et c’était plaisant, surtout quand tu as tes potes qui sont devant dans la foule.
D’habitude tu es dans le public et tu vis la vibe et là c’était génial et plein d’adrénaline quand tu vois que le public ressent cette vibe. C’est juste énorme et ça apporte une sensation de bonheur énorme !
Je tiens à remercier mon « mentor » Myosis qui m’a aidé à vivre cet événement. »

 

BLYST
Blyst. Credit photo by : Tomo-photograpics

Le Parisien nous a livré un set puissant et a chauffé le V-SO de la plus belle des manières, avec des sons tels que « Invaders » de Zomboy, le remix de Uber de « it’s chodegang motherfucker », ou encore « Jason » de Code: Pandorum.

C’est à Kadaver de ne pas relâcher la pression, jeune hollandais venu briller à Paris précédemment qui nous a conquis par une vibe qui le caractérise parmi mille : c’est ce qui fait un artiste. Si certains classiques sont repris avec hâte comme l’énième « Jotaro » (Phiso, Smog Records) qui malgré toutes les critiques que ce track peut susciter, a le mérite de déchaîner les passions aussi dans la salle ! Ou encore le célébrissime « Psycho blockz » (Subfiltronik) avec la présence du bien connu sample « DJ ! Come with the tune » devenu tout simplement mythique !

On le reconnait par ses sounds design léchés avec des synths uniques que l’on observe particulièrement bien quand il balance ses très gros classiques comme « Bacteria » (Crowsnest Audio) vers la fin de son set. Rien de mieux que des snares qui claquent sur un aussi gros sound system pour tout démonter ! On n’omettra pas le très gros « Turbo » de Mastadon, aux accents légèrement plus Brostep avec des synths sur aigus mais un côté toujours très Tear Out qui le décrit : les machines guns sont de sortis tout comme les aspects métalliques et futuristes de ses productions, avec un bpm relativement élevé, autour des 145/150. Rien de mieux qu’un gros Minatory dans la face pour prolonger ce set avec un des plus grands succès de Dala : « Here It is ». Ou encore un tune quasi inconnu du public français, très heavy, parfaitement dans la lignée de Kadaver, avec une ambiance assez angoissante : « Alloy » de Our Ennemies    Une technique pas forcément des plus impressionnantes, mais solide et propre, transitions y comprises, good job : il ouvre le bal des headliners d’une belle manière.

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Kadaver. Credit photo : Tomo-photograpics

Laissant le relai au comparse Subfiltronik, l’un des leaders du mouvement Riddim et du crew Monsters, surtout en Europe. Bien connu du public parisien avec plusieurs passages ces dernières années, il apporte forcément sa grande maitrise derrière les CDJ. Une technique irréprochable autour de multiples chops en veux-tu en voilà, une tracklist comportant quelques classiques mais un nombre important de dubplates.

Un début de set tout ce qui a de plus Riddim ! Des doubles voire triples drops avec « Yasuo blockz » (Obey) ou avec une des innombrables versions de « Pass Out » (lui-même, Monsters) devant un crowd surchauffé et explosif ! On en redemande, on est servis par un « Scary Yiks Grrz » (Funtcase, Circus Records) produisant un sacré carnage dans la fosse, la puissance des subs se fait ressentir, quel track ! On assiste à un Subfiltronik effréné, avec un déluge de Riddim s’abattant dans le V-SO devant un parterre diamétralement conquis. Et que dire dire de « Psycho blockz » de lui-même quand retenti l’incontournable « DJ, come with the tune! » classique Riddim mais si efficace en soirée !

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Subfiltronik. Credit photo : Tomo-photograpics

Résonne « Overload » (Subfiltronik) signe qu’il ne faut pas baisser la garde ! On assiste progressivement à un rythme légèrement plus lent, ce qui nous permet de souffler un peu et de prendre l’air pour revenir plus frais pour la fin du set. Une fin de set assez originale, pour ne pas dire rare sur Paris : un Riddim très deep et lent alternant avec des UK vibes, ça ressemble à du Enigma Dubz ou Commodo. Et on ne s’y trompe pas quand il envoie son propre remix de « Slaughter House » (Enigma Dubz), où seule une poignée d’amateurs profite de ces trop éphémères vibes alors que la majorité prend la direction du fumoir.

Après un passage à Animalz et deux passages aux Drop In Bass en 2016, BadKlaat confirme son statut d’artiste privilégié des soirées parisiennes avec, une nouvelle fois, une prestation qui fait parler d’elle. C’est plus revanchard que jamais que l’Anglais branche sa clé USB aux platines, sa mission est claire : montrer au public français qu’au fil de ses apparitions, il élève son niveau d’un cran. Cela est clairement réussi car c’est un BadKlaat très technique auquel nous avons affaire, avec un set contenant une multitude de doubles-drops tous plus fous les uns que les autres.

Pendant une heure, c’est un concentré entre cette technique et la propreté, caractéristique des performances de l’artiste, qui nous est offerte. Ce cocktail agrémenté de gros Dubstep fait clairement son effet sur le V-SO, qui se retrouve enivré par des tracks comme « Black Hole » de SKisM et Trampa couplé avec le fameux « Yasuo » de Crowell et Bommer. Le public ne sait plus où donner de la tête face à un BadKlaat qui affiche une facilité déconcertante aux platines, lorsqu’il balance un double drop entre « Break It » d’Axel Boy avec « Chip Chip » de Dr. Ozi, laquelle sera ensuite accompagnée du remix d’Eptic de « Hostile » originellement de SKisM et LAXX.

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Badklaat. Credit Photo : Tomo-photograpics

A quelques minutes de l’arrivée sur scène de Bear Grillz, qui assiste attentivement à la performance de l’Anglais, BadKlaat met tout le monde d’accord avec « Hood Anthem » de Megalodon, ou encore en jouant « Bounce With Me » de nos Habstrakt et Basstrick nationaux.

Encore une fois le producteur anglais nous a régalé les tympans, avec une performance alliant technicité et propreté et laisse un V-SO plus chaud que jamais à la tête d’affiche de cette édition anniversaire.

C’est la surprise générale dans la salle lorsqu’un homme ordinaire portant une simple casquette se place derrière les platines. Même si cela ne semble pas déranger le public, venu avant tout par amour du son, c’est en effet un Bear Grillz sans masque illuminé qui prend les commandes du V-SO. On ne rêve pas, nous ne sommes pas dans une dimension parallèle où l’ours se serait métamorphosé en humain, mais bel et bien au cœur de Paris prêts à assister à la performance de la tête d’affiche.

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Bear Grillz. Credit photo : Tomo-photograpics

Après nous avoir avoué que son masque était cassé depuis un mois, c’est sous son vrai visage que l’Américain se voit contraint de jouer. Mais détrompez-vous, cela n’enlève rien à l’énergie libérée par l’artiste qui débute son set avec un « Paris are you ready ? » au micro, avant de nous balancer « Rage » de son dernier EP.

L’habituel nounours déclenche le passage du V-SO dans l’hyperespace, le tout secondé par des bangers, comme un VIP pas encore sorti de « Throwin’ Elbows » d’Excision et Space Laces suivi de « Welcome To Mayhem » de PhaseOne, qui génèrent une folie générale dans la salle. A travers son set, nous ressentons un bel hommage à l’artiste derrière The Paradox Tour, auquel Bear Grillz a pris part, avec des tracks comme la version X-Rated de « The Wonky Song » originellement de Monxx et Walter Wilde, ou encore le mashup entre « Rise Up » de Trampa et « Headbanga » d’Excision et Downlink. A son habitude, l’Américain nous balance les chansons « Chop Suey » de System Of A Down et « Bodies » de Drowning Pool qui font toujours leurs effets sur les bassheads fans d’Hard Rock.

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Credit photo by Tomo-photograpics

Le V-SO assiste à une performance très énervée de l’artiste qui a pris soin de soigner sa technique au fil du temps, avec notamment l’intro de « Mosh Pit » de Flosstradamus qui balance sur le drop du « Mosh Pit » de Downlink, ainsi qu’un étonnant double-drop entre le remix d’A-Trak de « Heads Will Roll » combiné avec « Lights Out » de Zomboy.
Bear Grillz était bien présent ce soir, et même sans son masque il nous montre sa férocité derrière les platines, alors que Milas arrive pour prendre le relais.

 

La tâche s’avère complexe d’enchaîner derrière Bear Grillz, tant l’ambiance qu’il laisse transparaitre dans la foule est grande. Milas, grand habitué derrière les platines, adore s’immiscer dans les line up pour foutre une énorme baffe au public ! On ne fut guère étonnés, c’était le cas ! Alternant un peu tous les styles du Dubstep, passant du Brostep avec « Marijuana » (Bear Grillz & Trollphace) en sorte de clin d’œil au DJ précédent. Puis, au Riddim avec innommable « Yasuo » (Bommer & Crowell, Smog Records), en passant par des côtés bien plus heavy comme « Swoog » (Murda & Samplifire) qui ont le plaisir de ravir nos oreilles.

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Milas. Credit photo : Tomo-photograpics

Néanmoins, on pourra peut-être émettre une certaine objection quant à la constructivité du set. Même si tout le monde s’accordera sur le fait qu’on préfère les drops aux intros et aux temps calmes, la dextérité a aussi sa place. Pour autant, on ne retire en rien la complexité de multiplier autant de tracks en aussi peu de temps. Mais aussi sur la grande énergie qu’il déploie et qu’il dégage tout au long de son set, emmenant le public avec lui.

Continuant sur sa lancée, il nous envoie un terrible « Hijinks » (Phiso & Aweminus chez Never Say Die) qui personnellement nous vrille toujours autant le cerveau avec ses cliquetis sortis du futur ! Pour finir, on notera le (déjà ?) très fameux « It’s chodegang motherfucker » (Chodegang) mais cette fois-ci à la sauce d’Uber l’ayant remixé ! Toujours aussi jouissif ce vocal avant le drop, on en a encore des frissons ! La diversité fut de pair avec la violence, un agréable set en cette heure tardive, on se prépare impatiemment pour un set qu’on prévoit tout en frénésie !

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AnswerD. Credit photo by Tomo-photograpics

Après ce set déchainé, le close-up arrive ! Et c’est tout en Riddim qu’AnswerD se permet de clore cet event. On l’avait dernièrement vu au côté du Cookerz Crew mais seul, sa dernière date remontait à presque un an sur Paris. Comme à son habitude, il commence par un morceau de rap français, un bon gros Damso pour l’intro, qui a un peu de mal à s’imposer aux vues du sound system pas vraiment adapté au style musical. Certains ne comprennent pas le troll et font de sales têtes, les autres connaissent le personnage depuis le temps. Passons aux choses sérieuses. Très technique entouré de ses quatre decks, c’est une démonstration à laquelle on assiste !

Alternant majoritairement entre Riddim violent (avec des touches Tear Out) et d’un autre côté plus lancinant, il échappe à l’écueil d’une certaine lassitude pour le public. Effectivement, les multitudes de doubles-drop comme le « Wasteland » (AnswerD VIP) avec « Drunk Zelda » (Ganon et Ivory) installent une infinie débauche de déchaînements dans le public, conquis. Rarement une salle fut aussi remplie pour un dernier set et on ressent d’ici la satisfaction que cela doit procurer pour le DJ sur scène.

 

ANSWERD
Credit photo : Tomo-photograpics

Il enchaine ainsi les tracks à grande vitesse distribuant des chops à tout va avec quelques dubplates nous prenant au vif, ne faisant que très rarement retomber la pression dans la salle. Ses nombreuses productions sont mises à l’épreuve comme « Broken AMP » (chez Bassweight Records) ou encore son double drop « Wizuo» (Ivory) avec « Memberberries» (de lui-même) qui a le don de littéralement casser des rotules. Bien sûr, comment ne pas citer son remix de « Raptor » (Infekt) où il gagna le remix contest, qui passe toujours aussi bien, même après plusieurs passages durant la soirée.

On ressort quelque peu rincé de cet anniversaire, les jambes un peu lourdes, content de retrouver l’air frais (pollué soit) et on se retrouvera forcément pour la plus grosse soirée annuelle de 193 Records : la closing, avec cette fois-ci sûrement les deux salles d’ouvertes !

END
Credit photo : Tomo-photograpics

BASS IS LIFE, BASS FOR LIFE

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