Review : Filastine & Nova- album  » Drapetomania »

On a l’immense plaisir de vous présenter le prochain album de Filastine & Nova « Drapetomania » le 28 avril dans les bacs !

On pourrait les surnommer les cosmonautes catalans aux vues de leur style musical. Sophisme. Simplification. Ils n’ont pas de style musical à proprement parler puisqu’ils sont eux-mêmes leurs propres styles. Tout droit sorti de la ville abritant la Sagrada Familia, Barcelone, ils s’imposent autant musicalement que visuellement.

Producteurs musicaux et vidéo, ils réinventent une expérience sensorielle totale durant leur live aux quatre coins de la planète (Sonar en Espagne, Les Vieilles Charrues ou encore le Boomtown ou encore le Decibel aux USA) avec une énergie communicative.

On les verra ainsi se produire au Batofar en mai prochain https://www.facebook.com/events/1973049059589599/  . Véritable fer de lance de la mouvance électronique alternative, ils désirent sans cesse transcender les limites musicales fixées en y associant la danse, la conception, la musique et la vidéo : un show tout simplement hors du commun, dépassant les carcans !

Ne perdons pas une seconde plus ! Au déballage de ce cadeau arrivé fraichement :  un album à la cover (encore secrète pour le public) représentant une boussole aux couleurs quelque peu psychédéliques mais rappelant les principaux éléments primaires de notre planète : l’eau, la terre, la roche, le ciel. Mais une boussole sans aiguilles, signe qui ne trompe pas. Nous ne serons pas guidés lors de cet album, le but apparaît dès lors en dehors des sentiers battus, en dehors de notre confort musical habituel.

On commence tout en douceur par « Miner » (disponible sur SoundCloud : https://soundcloud.com/filastine/miner) avec l’impression que nous nous situons au milieu de la nuit en Afrique. Comme une peur de réveiller son voisin, seul le tintamarre des criquets est perceptible. Un chant mystique apparaît, dans une langue inconnue, certainement locale. Les subs rugissent quand les aigus s’envolent et se calme aussitôt la voix redescend dans les graves. Une ambiance totalement mystifié, indescriptible, où chacun peut laisser libre cours à son imagination.

Enchaînement sur de notre avis, un des meilleurs tracks de cet album : « Blockchainz » où il faut s’arrêter une petite seconde sur le titre. Ce n’est pas un heureux hasard. La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée et sans aucun contrôle organique central. C’est par exemple la technologie utilisée pour la monnaie virtuelle et si décrié bitcoin. Mais, plus précisément une des avancées technologiques majeures qui risquent de bouleverser notre quotidien (dans les métiers de la banque, assurance, notariat, immobilier, santé, énergie).

On comprend ainsi de suite le message subliminal transmis par le duo espagnol : ils sont là pour réinviter la musique de demain. Un track aux synthés minimalistes à l’extrême, présence de vocaux féminins typiques de leur style, sur un rythme composé de percussions ressemblant au djembé. On observe les diverses influences venues se juxtaposer, entre électro, trap et world music. Très dynamique avec des samples assez originaux ressemblant à des cuillères que l’on tape contre des verres. Un mot en priorité nous vient à l’esprit : étonnement.

Contrastant avec la dynamique du morceau précédent, on se plonge dans « Perbatasan » (signifiant frontière, limite) qui rien qu’à la consonance nous laisse deviner les influences indonésiennes dont elle retourne. De la même manière tout le monde remarquera la subtilité du titre choisi. On assiste ici à une comptine douce et suave qu’il est difficile de vous décrire si ce n’est de vous inciter à l’écouter. Calme et présence de notes orchestrales graves et lentes.

La délicatesse de « Perbatasan » vous permet de continuer le voyage en toute sérénité, à tête reposée. Enchaînant sur « Cleaner » (ayant déjà fait un carton sur SoundCloud : https://soundcloud.com/filastine/cleaner) où l’immédiate première impression : les subs dans ta face ! Entre Trap, influences Future et Bass, lancinante à l’extrême comme peu savent le faire avec tant de méticulosité. On s’approche délicatement d’une pépite auditive pour tout amateur de vibes léchées et travaillées. Les samples des claquements de doigts nous rappellent parfaitement l’influence Trap quand le drop aux synthés nous rappelle le perfectionnement dans le mastering de cet album.

Replay, replay, on a du mal à décrocher de la musique et passer à une autre, envoutante par ses caractéristiques.

Une intro bien connue dont on vous laisse la surprise suivie de cette même voix caractéristique, la même présente dans « Miner » et « Perbatasan ». Agrémentés de longues de notes de guitares électroniques, de synthétiseurs omniprésents, « Fenomena » relève d’une posture bien plus Rock et Folk ! Les quelques instruments exotiques accessoirisant la musique permettent avec la voix de nous plonger dans l’osmose ambiante créée par Filastine & Nova.

On est de suite accueilli par de vives touches de piano virevoltantes suivi peu après par une flûte enchanteresse, presque poétique. « Halcyon » qui est aussi une espèce d’oiseaux (ainsi qu’une série…futuriste bien évidemment), et on pense directement à la ressemblance entre la flûte et le bruit des oiseaux, troublant ! A la croisée des musiques du monde accompagnées de mélodies particulièrement charnelles et d’atmosphère asiatique.

« Senescence » où la lente dégradation des fonctions de l’organisme en biologie se dessine ici comme un pressentiment de lent et long déclin, avec un rythme très peu soutenu. Conjugué à des instruments à cordes rendant l’ambiance quelque peu Baroque par moments, voir un peu austère malgré l’intention éminemment chaleureuse qu’on ressent de la part des deux producteurs. La fin se relève ainsi plus rythmée et haletante, comme si le déclin débouchait finalement sur un renouveau de la vie, une renaissance. Le déclin résultant alors plus comme une réminiscence.

On observe avec attention l’intro de « Salarymen » (disponible sur SoundCloud : https://soundcloud.com/filastine/salarymen) et pour cause, on pourrait croire à du Daft Punk sur les premiers frémissements dans un délire futuriste. Une part importante d’influence de la scène Electro surgit, certains éléments comparables à Justice sur les bords ou Giorgio Moroder. Un aspect minimaliste qu’on retrouve assez bien dans le reste de l’album avant de découvrir au bout d’une interminable montée la puissance de ce morceau. Virtuosité serait le maître mot. Le travail des mélodies, des différents éléments, le mastering à la pointe, même si pour un amateur de Bass Music on pourrait déplorer un certain manque de basse, mais là n’est pas la question. Quelques caisses claires accompagnent désormais le tintamarre, les mélodies enivrantes prennent le dessus. On imagine visuellement la musique et on envie tous ceux qui ont pu (ou verront) les voir en live.

Les samples des chants des oiseaux ne sont pas des mirages ici. « Glass Seagulls » est une espèce d’oiseaux marins comparatifs aux mouettes. Un vent de liberté souffle sur ce track tout en finesse permit grâce à la présence accentuée du piano. Orchestral, symphonique, les deux virtuoses marient le Classique avec l’Electronique sur un fond ambiant laissant place à la méditation. Typiquement le style de track à mettre à tête reposée, seul, pour réfléchir.

On change radicalement de registre ! On s’étonne même ! Filastine & Nova qui nous balance une grosse release trap avec « Matamata » (ville en N-Z) avec une intro toujours aussi perfectionnée. Il faudra surligner l’attachement remarquable aux intros qui prédéfinissent de manière assez remarquable l’ambiance de ce qui va arriver ! Le drop puissant, comme c’est la caractéristique en Trap, mais suppléé par du rap féminin dans une langue méconnue. Étrange ! Toujours dans la transversalité des styles, on ne cesse de rester surpris par la recherche notable des différents éléments qui sont mêlés. Alternatif, original.

Bien plus Future House, Future Bass, « Chatarreros » (disponible sur SoundCloud : https://soundcloud.com/filastine/chatarreros) apparaît de manière un peu plus classique que le reste de l’album mais efficace (particulièrement avec les vocales qui résonnent comme dans une grotte) pour tout amateur du style. Elle reste néanmoins peut-être un cran en dessous par rapport à certaines baffes auditives précédentes !

Pour finir, « Night X » s’intronise par le cliquetis du temps qui défile, synonyme qu’on approche de la fin. Des cris d’enfants jaillissent au fond, de manière très lointaine, les cliquetis prennent l’ascendant. Un track extrêmement deep, intériorisé, complètement à l’opposé des tracks précédents. Place au calme, à la méditation, aux influences Dub et Roots très marqués. Londres s’immisce à Barcelone. Une pensée pour Enigma Dubz forcément quand on entend « Night X » achevant cet album tout en raffinement et en suavité.

N’oubliez pas qu’on retrouve Filastine & Nova au Batofar le 11 mai !

Event: https://www.facebook.com/events/1973049059589599/

Facebook: https://www.facebook.com/FilastineArt/

SoundCloud: https://soundcloud.com/filastine/tracks

BASS IS LIFE, BASS FOR LIFE

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